07.09.2009
Fragment XXXXXXXXVI
Muse de Kais, je t’écris de Rabat Lettre XV Ces derniers temps je m’absente souvent. Tu ne le sais que trop. Je fonds dans la foule « ramadanesque ». L’été est caniculaire. Ramadan aussi. La foule au milieu de laquelle je me meus est trop bruyante. Elle vocifère des paroles insensées en cette fin de journée avant la rupture du jeûne. Ses paroles se heurtent au cercle qui m’entoure depuis que je te connais. Un cercle dont je me pare à chaque fois que je sors de mes rêveries solitaires. Un cercle que j’avais tracé à l’encre noire et rouge de mes mots et des tiens. Un cercle à la fois écrit et oral. Dés que je me mets dedans la foule ne me voit plus. Ou presque. Je deviens impénétrable. Mon espace-cercle est opaque et infranchissable. Je ne puis être et ne saurais vivre que dans ce cercle tant que tu es encore loin de moi. Espace de mon amour. Ma liberté. Toi. Mes mots et les tiens y circulent librement et lentement. A leur guise. Ils nous parviennent avec la lenteur de la sève ou du nectar qui coule de l’arbre qui nous donna naissance. Malgré le brouhaha de la foule ramadanesque, ta voix si lointaine court à moi et me parvient parfaite. Inexorable ta voix. La mienne ne parle que pour toi. De toi. Nos silences organiques accusés depuis nos quarante ans ne sont pas une faillite ni un abandon. Nous nous sommes tus pour mieux parler ; Ton silence et le mien ne sont guère une capitulation. Au-delà du brouhaha des foules insensées nous menons un acte de bravoure. Moi dans mon cercle. Toi dans le tien. Nos mots nous relient malgré les distances matérielles qui croient nous séparer. Nous sommes libres dans notre amour. Chacun dans son cercle. Chacun dans son pôle. Nous sommes les témoins et les détenteurs de l’intention primaire. Celle qui précéda la parole. Je pense. Je dis. Mon discours est décousu. Hétéroclite. Je marche entouré de mon cercle. J’entends les mots que je psalmodie et que tes lèvres étrennent à mes oreilles. Je te vois dans ton cercle. Robe blanche. Tu me regardes. Tu souris. Le Fiori. Casablanca. Un jour d’hiver. La pluie. L’après-midi. La foule insensée disparait sous l’éclat de tes dents ivoire. Ton livre à la main. Je te vois. Tu me souris. Tu m’attendais. Mon cercle s’élève. Je suis intouchable. Je flâne en hauteur le long du Bouregregue jusqu’au seuil de l’Atlantique. Sur le cap de l’Oudaya. Rabat, hier. Je surplombe l’horizon donnant sur l’autre côté de ce même Atlantique. J’entrevois ton cercle. Ton livre à la main. Robe blanche. Sourire ivoire. Je sais que viendra le jour où nos deux cercles ne feront plus qu’un. Je sais. En lui nous serons. A lui nous revenons…
Rachid Daouani, Rabat, 5heure du matin, le 07 Septembre 2009
© Rachid Daouani (Dépôt SGDL 09/2009)
23:20 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (35) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Les chants du Paradis dans un voyage céleste et, tout autour du point de l'éternité, des cercles concentriques. Tout est enclos dans cette rondeur, dans ces deux rondeurs, hauteur claire de l'Un qui est l'univers si on veut bien le sonder... Monsieur Daouani, je vous dirais bien le désert et les fleurs que l'on y emmène sous nos semelles semées. Vos symboliques sont puissantes dans ce cercle du Soleil infini qui vous relie avec votre Muse. Votre écriture dans cette Lettre XV est une mélopée qui ne va pas sans me rappeler Moondog ou Philipp Glass en musique dite "répétitive". Je vais décidément joindre Véronique pour en savoir plus, j'espère que cela n'est pas un gêne pour vous. Bien à vous, J-Loup JACOT
Ecrit par : J-Loup JACOT | 08.09.2009
Les chants du Paradis dans un voyage céleste et, tout autour du point de l'éternité, des cercles concentriques. Tout est enclos dans cette rondeur, dans ces deux rondeurs, hauteur claire de l'Un qui est l'univers si on veut bien le sonder... Monsieur Daouani, je vous dirais bien le désert et les fleurs que l'on y emmène sous nos semelles semées. Vos symboliques sont puissantes dans ce cercle du Soleil infini qui vous relie avec votre Muse. Votre écriture dans cette Lettre XV est une mélopée qui ne va pas sans me rappeler Moondog ou Philipp Glass en musique dite "répétitive". Je vais décidément joindre Véronique pour en savoir plus, j'espère que cela n'est pas un gêne pour vous. Bien à vous, J-Loup JACOT
Ecrit par : J-Loup JACOT | 08.09.2009
Merci Jacot! Votre lecture m'apporte énormément d'informations et de profondeurs à ce que je pourrais encore écrire...Merci de votre passage ...ca ne me dérange nullement que vous contactiez Véronique. Bien au contraire celà pourrait aider encore...
Amitiés
Ecrit par : daouani | 08.09.2009
oui tu étais assis et tu souriais... tu as levé les yeux et
posé ta plume lentement. La fenêtre grande ouverte encadrait l´océan bleu. Tu n´entendais rien, tu écoutais les battements de ton coeur et tu souriais tendrement...
Ecrit par : claire de Lune | 08.09.2009
Le regard est présent, immensément, passage infime vers un infini troublant, dénudé, un partage silencieux et irrésistible.
La Lettre est un appel profond, humain, qui cherche écho.
L'on reconnaît en ces respirations une espérance chargée de sève.
Se créent une lenteur nouvelle, une cascade de lait et de miel, et de grandioses orgues végétales
devant les rives de l'Océan pour retenir dans la clarté cet Autre qui n'est que "toi et ta Muse".
L'ange a tracé au creux de leur secret les cercles de l'indicible. Leurs yeux les ont vus avant de naître, ils puisent dans l'inexprimé et s'étonnent encore de la marge maîtresse où s'écrit la pensée, rivière en crue ou fleuve paisible.
Naissent de longues spirales aux creux déliés, sans ombre sinon celle de la main sur le papier. Du souffle de ta Muse s'échappent la brume, les hanches rugueuses des chênes et ton regard,
chemin en écho.
Tu as recueilli le souffle du silence, tu l'as magnifié.
Glissent de ta plume, Poète, des coulées de mots...
Merci...
(JLoup, bonjour et heureuse de te retrouver ici ! Tu as très bon goût, cela ne m'étonne guère, tu as appris à manier la métaphore aussi.)
Ecrit par : Véronique SAUGER | 08.09.2009
oui tu étais assis et tu souriais... tu as levé les yeux et
posé ta plume lentement... la fenêtre grande ouverte encadrait l´océan bleu.. tu n´entendais rien, tu écoutais les battements de ton coeur et tu souriais tendrement...
Ecrit par : Claire de Lune | 10.09.2009
"nos deux cercles ne feront plus qu’un"...un message
d 'espoir.un cercle de certitude, un parfum romantique...très belle lettre Rachid...
Ecrit par : Oceane Descedres | 10.09.2009
Merci,cher rachid,tes écris me vont chaud au coeur, me donnent l'envie de te lire et de relire plusieurs fois.
Ecrit par : Naima Maati | 10.09.2009
Magie de deux Etres se cherchant au travers d'un doux cercle. Cercle qui les protége de tout ce qui n'est pas EUX. Puis un jour, ces cercles ne feront plus qu'un afin que les amants s'enlacent à jamais.
J'aime ton écrit, mon tendre Rachid, il y a tant d'amour, tant de tendresse, tant d'espoir, tant de romantisme que chaque mot est palpable comme un battement de coeur
Ecrit par : Magali De R | 10.09.2009
Très, très beau, tout simplement ! :-)
Ecrit par : Catarilia Marsolle | 10.09.2009
LE CERCLE DES POETES
Tes mots sont les miens, ils se fondent pour former une jolie mélodie, triste et mélancolique. Cette musique, tel l'océan atlantique résonne dans le vent de cette froide Mer du Nord, si chère à notre ami Jacques Brel.
Lorsque la mer du nord tire sa révérence,elle abandonne le limon sur de vastes étendue de sable, j'y cherche encore nos traces de pas....
J'ai quitté Rabat, te laissant endormi dans ton vaste lit, comme une voleuse de vie, je suis partie sur la pointe des pieds sans te laisser de mot.... Lire la suite
J'ai retrouvé la brise du Nord,qui me fouette le visage, de ta main vengeresse, et les grains de sable qui tourbillonnent, brûlent ma peau comme ceux de ton désert si chaud. Nos deux pays se reconnaissent.
Et tes mots que je répète , fondent comme le chocolat, dans ma bouche, pour devenir silence et jouissance.
Ecrit par : Mira Kuraj | 10.09.2009
Je suis éprise par la générosité et la sincérité de votre plume...C'est très beau..c'est très sensuel..merci beaucoup Rachid..
Ecrit par : Joyce Mjalleh | 10.09.2009
La méditation dans cette lettre émeut profondément par son calme,sa splendeur,sa sincérité et la spontaniété des sentiments qu'elle englobe...Intenses sont les émotions en te lisant Rachid...J'aime...
Ecrit par : Rachel Chidiac | 10.09.2009
Merci Rachid!!!Magnifique; Fantastique quelle belle Plume!!!et quel sentiment D'homme!!!Merci encore
Ecrit par : Jeanina Boschini-Thuel | 10.09.2009
Le cercle symbolise une limite magique , infranchissable. Il est dans les cérémonies initiatiques la limite entre le profane et le sacré.
Le cercle sacralisé dans ce texte devient la protection, l'intériorisation de la recherche de l'autre , lieu magique de cette rencontre dans l'union des deux cercles qui représentent la perfection de l'amour accompli dans sa dimension hiératique.
Merci Rachid, pour la force de ton inspiration...
Ecrit par : Bernadette Jadot | 10.09.2009
أمام كلماتك لا نملك إلا الصمت ...تاركين لها الباب مشرعا
لتنفذ الى مساماتنا بحرية ..فنتنشقها و نتنشق أحاسيسك..
و مشاعرك بشوق..و اشتياق
لا تكتفي عيناي بقرائتك مرة ...بل تتوق للمزيد وفي كل مرة أكتشف احساسا جديدا بين سطورك ....
Ecrit par : Jancet Jarkass | 10.09.2009
élégance de la plume, élégance de ces déplacements qui font rêver les sédentaires les confinés, heureux poète
Ecrit par : Gilda Nataf | 10.09.2009
Mon cher Rachid, je te d... Lire la suiteécouvre une douceur insoupçonnée en lisant tes lettres magnifiques et magiques dédiées à ta muse de Kais. Et je me laisse emporter par le "dialogue" d'âme à âme qui s'installe de toi à elle et je vous imagine chacun dans votre cercle éprouvant les mêmes sentiments et les mêmes espoirs et je me dis vraiment , que l'amour existe et que "l'homme" est capable de sublimer ce sentiment qui est porteur de Vie.
Je te vois marchant dans ton cercle dans une absence-présence... absence pour nous, mais présence pour Elle, ta pensée tournée vers ta muse avec une infinitude d'émotions...que nous arrivons à ressentir en lisant ta lettre, et je te dis merci car tes mots sont porteurs d'énergie, ils nous touchent.... Le cercle symbolise le ciel, mouvement circulaire et inaltérable de la vie, rien mieux que lui ne peut transcender l'amour.....
Ecrit par : Anne Volpe | 10.09.2009
Très agréable rythme d'écriture à parcourir, d'une traite, se fondant entre les mots afin de mieux en écouter les sons, saccadés, lancinants, qui reviennent marteler régulièrement les phrases qui avancent, comme cette pensée qui chemine vers la muse inspiratrice, vers les sons et les couleurs, avec l'invisible et l'impalpable pourtant si présents grâce à ces phrases raccourcies qui font que jamais l'on ne se perd, que jamais ne s'éloigne ce fil conducteur qui permet au poète de se glisser au travers de la foule à suivre le souvenir qui le mène tout droit au but de ses pensées, à l'aboutissement de sa prose en une lettre de plus qui viendra se glisser parmi les autres missives témoins des passions de mots et d'amour qui fusionnent à ne faire qu'un seul dans ce texte qui nous mène dans des voyages écrits seul, pensant pour deux, nous emportant si nombreux dans leur sillage…
Ecrit par : Ariane Wolteche Daumen | 10.09.2009
J'adore ton style d'écriture! Je ne me lasserai jamais de te le dire
Ecrit par : Soumia Hanifa | 11.09.2009
cercle de l'espoir .....de la certitude......magnifique......
merci Rachid
Ecrit par : Claudine S | 11.09.2009
très agréable ce que tu as écris, et très sentimental et ......... :-))
Ecrit par : Souma Souka | 13.09.2009
Merci Rachid...très beau texte qui me rappelle comme nous sommes accompagnés en suspension par l'être aimé...dans cette foule ramadanesque :))
Ecrit par : Valérie Takla | 13.09.2009
Tu nous entraînes dans la magie de ce cercle !
Merci Rachid
Ecrit par : Véronique Desnoe | 13.09.2009
Dans cette lettre, tout n'est que paix et sérénité, calme et volupté
Ecrit par : Fatima Amgane | 13.09.2009
il y a bien "le cercle des poetes.....je sentais deja de toi une si grande douceur....et la elle est accomplie avec l Etre vers lequel tu es attiré......ou ta muse....avec ce texte,tu nous redonne foi en l Homme et toutes ses esperances...
merci poete aux sentiments si doux.....
Ecrit par : Maddie Bonet | 13.09.2009
Je te félicite pour cette lettre magnifique qui est pleine de romantisme...
Ecrit par : Henda Ben Salah | 13.09.2009
doux mots qui parviennent comme le souffle léger du vent à mes oreiles.Prends soin de toi Rachid.Bisou
Ecrit par : Nassiba Makouf | 13.09.2009
Beau texte, avec beaucoup de sensualité!!Merci
Ecrit par : Aberchane Halima | 13.09.2009
très beau.
Ecrit par : Zoulikha Sadoudi | 13.09.2009
Excuse mon retard mon cher ami Rachid, Je suis déconnectée socialement.
Un texte magnifique avec beaucoup de sentiments !
Merci Rachid !
Ecrit par : Brougui Ouassila | 13.09.2009
Magnifique cercle de mots, de silence et d'amour qui unit "malgré les distances matérielles qui croient séparer"... très beau texte Rachid. Amitié.
Ecrit par : Faten Meddah | 13.09.2009
Recuerda: los círculos siempre son mágicos.
Ecrit par : Osuna Suárez Joana | 13.09.2009
La Passion franchit la frontière entre les cercles de la Vie et de l'Amour , superbe texte Rachid
Ecrit par : Antoinette Deley | 13.09.2009
merci rachid, une pure merveille
Ecrit par : Souad Daoui | 13.09.2009
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