15.09.2009

Fragment XXXXXXXXVIII

Lettre XVII

Muse ! je te laisse le temps nécessaire…

Cela fait déjà longtemps que j’ai perdu le sommeil. Cette nuit mon insomnie n’est pas douloureuse. Je t’écris là pour te dire combien je suis mieux après notre discussion. Je n’ai plus cette fièvre « inoriginelle ». Aucune angoisse de ne pas pouvoir dormir. Je savoure tes mots. Ceux que j’ai souvent envie d’entendre. Ils résonnent en moi avec la douceur chatouillante de ta voix. Ma tête n’est plus aqueuse. Tes mots égrenés comme un chapelet grouillent dans les trous de ma tête. Ma tête trouée à force d’avoir reçu les cieux écroulés sur elle. Mais là…les idées n’y circulent plus comme un courant d’air. Ton image et tes mots donnent plus de consistance à ma tête. Beaucoup de teneur à mes idées. De belles couleurs à mes rêves. Tu es là. Tu occupes l’espace. Mes lignes de fuite sont claires. Je ne sais par quelle magie elles vont en parallèles avec les tiennes. J’entrevois à l’horizon. Là-bas. Dans pas longtemps. J’entrevois la rencontre de nos parallèles. Mes mots ne sont plus verticaux. Leur horizontalité est un bon signe. Le rythme n’est plus fulgurant ni essoufflant. Ma démarche est plus lente. Mon arythmie s’est quelque peu calmée. Je fume moins. Je pense à toi. Je regarde tes yeux. Ta sérénité me contamine. Je vois ma tête claire de nouveau. De nouveau beaucoup de vacuité. Ma tête est posée sur ta poitrine. L’orage d’hier soir a fini par calmer ma tempête. Mon flanc tressaille par ton souffle…

Cela fait longtemps que tu es parti de ce pays qui te réclame maintenant. Moi aussi je te réclame. Malgré l’éloignement tu demeures en ses inflexions. Les miennes ont mal. Pour garder ton image, je ferme les yeux. Je m’entoure de mon cercle. Je le ferme. J’enfouis la clé dans mon cœur. Une fois dedans je romps avec l’extérieur. Plus d’intrus. Aucune autre pensée que la tienne. Je fais table rase du quotidien. Je suis un réceptacle. Tu es la seule à l’occuper. Comme tu l’as souhaité, je commence à retrouver mon sommeil d’enfant. Ta pensée est un giron dans lequel je me refuge. Mes mots indiqués par des chiffres romains en points de croix me permettent de suturer les blessures récoltées sur mes lignes de fuite. Tes mots finiront par colmater ma fêlure. Tes mains sauraient elles prendre mon visage ? Je te laisse tout le temps nécessaire pour le savoir ? Saurais-tu, pourrais-tu accueillir sur ta poitrine l’homme de la fêlure ?   

Rachid Daouani, Béni Mellal,  le 15 septembre 2009

20:29 Ecrit par danyrachid | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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Commentaires

j´ai lu quelques lignes tout doucement ... puis mon regard est revenu au début... me suis imprégnée de ce récit imaginaire dans lequel la réalité pénétre discrétement .. j´ai continué ma lecture m´accordant quelques pauses ... hmmm ... parfums d´épices, foule multicolore et multiculturelle, musique pénétrante... Je suis entrée en me faufilant entre tes mots ... tu écrivais ces lignes assis face à la mer tu souriais
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au-delà du temps ... au-delà des frontières
Bruxelles, Casablanca, Essaouira ...

inoubliables moments... tu traverseras la Lumière
près de toi ta muse reviendra

... traces sur le sable effacées par l´océan
les grains de sables sous un soleil éclatant
dessineront ton heureux épanouissement...
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oui tu étais assis et tu souriais... tu as levé les yeux et
posé ta plume lentement... la fenêtre grande ouverte encadrait l´océan bleu.. tu n´entendais rien, tu écoutais les battements de ton coeur et tu souriais tendrement...
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tu souriais si tendrement. Le soleil descendait lentement à l´horizon.. boule de feu qui enflammait ton coeur, tu avais besoin de lui parler... dans la lettre que tu venais de lui écrire, là sur le précieux papier, tes plus belles émotions ... ton plus bel aveu !
Tu t´es levé et tu t´es dirigé lentement vers la fenêtre.
.....................................

Tu es resté de longues minutes pensif et immobile devant le spectacle grandiose... puis
un nouveau jour est venu chassant l´obscurité de ta vie.
Et ce jour-là est celui de la métamorphose. ... Besoin de lui parler de ton espoir, de ton attente ... les mots se sont alignés obéissant à ta main sûre et exigeante. Ils prirent place sur la feuille selon ta volonté du moment.

Au-delà du temps.. au-delà des frontiéres.. tu es enfin libre... Ta muse reviendra près de toi. Tu as retrouvé la CLÉ ... celle que tu avais cachée au plus profond de toi.

Ecrit par : claire de lune | 15.09.2009

Tu portes vers ta Muse des gestes de tendresse
Tu prends sa main,
Tu la guides en te laissant toi-même porter par le son de sa voix,
Tu réunis vos corps et âmes.
C'est le terme d'un voyage céleste, à un, puis à deux, amour des amours par lesquels toute grande Oeuvre commence.
Tu as retrouvé ta clé qu'un oiseau t'avait empruntée.
Tu vas ouvrir la porte.
Magnifique, Rachid, magnifique...

Ecrit par : Véronique SAUGER | 21.09.2009

Beau et émouvant - "je savoure tes mots" :-)

Ecrit par : Catarilia Marsolle | 12.10.2009

la sérénité de "l'homme de la fêlure"....émouvant,oui,et magnifique

Ecrit par : Claudine Soultanbeieff | 12.10.2009

"...comme un nageur qu'on n' attend plus..."
Ces mots me viennent en t... Lire la suiteête, parce que ceux de ta lettre me font penser à un nageur épuisé à bout de souffle, presque noyé et qui atteint enfin la rive salvatrice où il va s'abandonner, épuisé.
La femme évoquée est cette rive salvatrice qui recueille ce coeur à demi noyé...Une remontée progressive vers la lumière par la sérénité de cette femme dont la présence est à la fois le refuge et le lieu de la possible guérison. Tes mots nous bercent de sa présence. Merci Rachid..

Ecrit par : Bernadette Jadot | 12.10.2009

...Rien de mieux qu'un orage pour calmer une tempête intérieure...
Tu te demandes encore si je saurais accueillir en mon sein l'homme que tu es... mes mains n'attendent que cela de prendre en elles ton visage... me laisser du temps pour le savoir... mais depuis toujours je le sais... C'est toi qui te perds dans les dunes à chercher je ne sais quelles fortunes... Si enfin, tu as compris que pour vivre heureux parfois il suffit de le vouloir... alors oui, j'ai du pouvoir... à jamais je serai ta muse... tu sais celle qui t'amuse...!

Merci de laisser mes mots voguer auprès des tiens.
De mon âme à la tienne, mon ami je t'aime... Lire la suite
Je t'embrasse
Tendresse♥

Ecrit par : Catherine Deschamps de Boishébert | 12.10.2009

Calme et serein.Merci...

Ecrit par : Rachel Chidiac | 12.10.2009

Se retourner,et poursuivre le chemin de la vie....très beau texte...

Ecrit par : Loulou Decastries | 12.10.2009

Quelle jolie lettre, Rachid ! Tes mots sont touchants ! Cette correspondance est vraiment pleine d'émotions !
Magnifique !
Amitiès
Pat

Ecrit par : Patricia Loughani | 12.10.2009

تصفو نفسي و تنسكب كدفقة الينبوع
و تطفو في مستعمرات ذاكرتك حيث تزدحم عواطفك
و تسري أحاسيسك..فأشعر بك و بحالتك في غمرة رسالتك ومضامينها....
دمت للكلمة ودامت الكلمة ناسكة في معبد سطورك

Ecrit par : Jancet Jarkass | 12.10.2009

Oceane DescedresÉmouvant comme toujours..Je bois tes mots, En savoure le sens...merci Rachid pour ce beau partage...

Ecrit par : Jancet Jarkass | 12.10.2009

L'horizontalit... de tes mots donne une infinie douceur à tes écrits Rachid....Dans ta lettre, la souffrances est omniprésente même si elle est décrite au passé....mais un renouveau guérisseur commence à se faire ressentir...
J'aime la manière dont tu t'adresses à ta muse dans une "évidence résignée" de sentiments vraiment dignes d'un homme qui sait ce que c'est l'amour, mais aussi la souffrance d'amour....Tes lettres sont sublimes, elles font résonner en nous, femmes, vraiment ce que l 'on aimerait entendre de la personne aimée....et l'âme dans une résonnance à ces mots ne peut que s'émouvoir....
Merci mon ami...tes mots nourrissent mon inspiration...

Ecrit par : Anne Volpe | 12.10.2009

c'est..... je ne trouve pas les mots, ils s'entre choc ... tellement c'est émouvant....

Ecrit par : Naima Dadi | 12.10.2009

Confidences à la nuit... les mots remplacent l'insomnie et viennent bercer le silence, les images embrum... Lire la suiteées se mélangent, doucement, puis le souvenir s'impose, à l'origine de ce verbe qui a désormais besoin de se poser, afin de mieux marquer ce temps qui est passé depuis Elle, depuis ce moment indéfini où tout a basculé, où elle est devenue omniprésente malgré son absence... ce temps qui a permis aux mots de s'inscrire en sentiments apaisés, sublimés, enrichis de pensées qui permettent à l'être d'avancer dans une direction nouvelle malgré l'attente, et que le poète raconte, nuit après nuit au travers de la finesse de sa plume, sous le regard protecteur des étoiles et sous le manteau de la nuit... seul un souffle viendra le caresser et l'emprisonner à chaque fois... celui de cette Muse inspiratrice, celle qui lui permet d'écrire ses plus beaux vers, sa meilleure prose, ses textes d'une qualité rare et profonde, celle qui effleure son épaule tandis qu'il écrit… pour nous…

Ecrit par : Ariane Wolteche Daumen | 12.10.2009

Mon tendre Rachid, tes lettres sont si touchantes, si pleine d'amour. Avec de tels mots, comment ta Muse ne pourrait-elle pas prendre, avec Amour, ton visage entre ses mains? Comment ne pourrait-elle pas appuyer ta tête contre son sein?? Te lire fait perler des larmes au bord de mes cils. Oh que j'aime te llire. Je t'embrasse tendrement

Ecrit par : Magali De R | 12.10.2009

Je trouve si beau, qu'une personne fait vivre son art pendant que je dors, réflexion qui peut paraître stupide à priori, mais moins quand on sait que j'ai été insomniaque pendant des dizaines d'années....Rachid, tu vas me réconcilier avec la lecture! mdr!!

Ecrit par : Frederique Rooselaer | 12.10.2009

JE N'AI PAS LES MOTS POUR DECRIRE CE QUE JE VIENS DE LIRE ET RELIRE ,,,, JE NE ME LASSE JAMAIS DE LE FAIRE,TRÈS TOUCHANT COMME TOUJOURS ,,,,MERCI RACHID POUR LE PARTAGE,,

Ecrit par : Djidjila Jallou Rejaibia | 12.10.2009

très beau ... émouvant ...touchant et magnifiquement écrit
Merci pour ce partage

Ecrit par : Henda Ben Salah | 12.10.2009

lisant ces magnifiques et émouvants mots, elle ne peut que t'accueillir sur sa poitrine et te serrer dans ses bras... c'est si beau et si touchant... Bravo

Ecrit par : Faten Meddah | 12.10.2009

De la douceur et de l'émotion!
Chapeau bas mon ami le poète!

Ecrit par : Soumia Hn | 12.10.2009

Elle très émouvante ta lettre, Rachid. Tendre, triste, mais aussi de l'espoir que ta muse vient poser sa tête contre toi. A certains, je dis "que la nuit te porte des conseils"...à toi, je dis, la nuit t'a porté de la magie que tu as transformé avec ta plume.
Merci mon ami. Je t'embrasse.

Ecrit par : Minnie Tananbaum | 12.10.2009

Merci mon cher ami Rachid pour ce merveilleux texte. Une émouvant et belle lettre.
Muchas gracias

Ecrit par : Janice Montouliu | 12.10.2009

Contenta de que tu alma esté más tranquila.

Ecrit par : Osuna Suárez Joana | 12.10.2009

Beaucoup d'émotions ! Des mots qui touchent l'âme !
Merci
Véro

Ecrit par : Véronique Desnoe | 12.10.2009

Woww Merci merveilleux texte avec beaucoup d'émotions j'adore !!

Ecrit par : Chantal Bolduc | 12.10.2009

"Tes mots finiront par colmater ma fêlure."
Beau,très beau!

Ecrit par : Hedia Sedairia | 12.10.2009

Ma-gni-fi-que, comme toujours très cher Rachid !

Ecrit par : Monique-Marie Ihry | 12.10.2009

Tant d'espoir dans ces mots, contenu... Très beau Rachid. Merci ! ♥

Ecrit par : Annie Lautner | 12.10.2009

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