07.10.2009
Fragment XXXXXXXXX
Lettre XIX
Pour toi
J'écris
Je ne cesserais d'écrire
Cette comme toutes les précédentes je me retrouve encore dans ma solitude. Je me retrouve en face de cette vacuité lourde d'interrogations dont le désarroi et l'angoisse sont le dénominateur commun. Les séquelles de la blessure originelle émergent avec leur cortège de douleurs et de doute.
La gangrène a vite fait tâche d'huile à partir de mon cœur et de ma tête. En sortant de mes yeux le sang noir, avec une fulgurante ironie, a assombri mon corps. La fine pluie et l'âcre de la cigarette n'ont pas pu apaiser ma douleur. J'écris. Voilà ce qui me reste comme seule et unique issue.
Je ne cesserais pas d'écrire pour crier ma faillite. Exorciser le mal qui me ravage de nouveau.
J'écris.
Quelle est cette malédiction qui m'envahit de nouveau? Quelle est cette malédiction qui me colle comme mon ombre. Ce double qui me piétine à tout bout de champ comme pour me rappeler à ma triste réalité.
J’écris.
Je ne cesserais d'écrire pour que l'amnésie salvatrice ne se faufile dans mon sommeil précaire et change l'aspect du démon qui m'a exproprié de mon ombre vraie.
J’écris.
Je ne cesserais d'écrire.
Pour toi. Tu es la seule à avoir compris ce que je suis. Ce que j'étais. Celui que j'aurais pu être.
Ta venue, tant souhaitée, coïncide avec l'anniversaire de ma mise à mort; tu m'as ouvertement parlé ce jour de Septembre. Le dialogue s'est engagé avec beaucoup de sincérité et de spontanéité.
J’écris.
J’essaie de garder les pieds sur terre pour ne pas sortir les pieds devant. J’essaie. J'écris.
Ne pas trop m'engager vainement dans de faux espoirs. L'inéluctable est pourtant là. Je ne veux ni ne peux m'y échapper. Je laisse venir. Je le vis et advienne que pourra. J’écris. Je ne cesserais d'écrire.
J'écris.
J’ai l'intime conviction que, malgré les apparentes contradictions, une nouvelle vie se dessine devant mes yeux....
J’écris.
Je l'écrirais. Tu es devant mes yeux...
Ton image ne me quitte pas. Je te parle. Je t'écris. Tu m'entends.
J'écris. Je ne cesserais d'écrire
20:16 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Je suis affecté pour vous cher Monsieur Daouani des deux comment' ci-dessus. Mais je suppose que le talent réel a du mal à être accepté de ceux qui en ont moins.
Ce que je voulais dire et surtout demander par rapport à l'adresse qui semble beaucoup plus personnelle dans cette lettre ci comment vous entendez "anniversaire de ma mise à mort" ainsi que "le jour de ta venue", ceci semble contradictoire dans le fond avec les précédentes lettres mais c'est sans doute voulu.
Bravo à vous cher Monsieur pour la sensibilité qui se dégage de vos écrits. Et bien sûr, je me permets d'attendre la suite! J.L. Jacot
Ecrit par : J-Loup JACOT | 09.10.2009
Je suis d´accord avec Monsieur J-L. Jacot, ces commentaires anonymes sont navrants et déplacés..
Cher Rachid, c´est avec grand bonheur que je déposerai bientôt mon commentaire sur cette nouvelle lettre. A bientôt
Ecrit par : claire de lune | 09.10.2009
Grâce à cette écriture, que les contradictions se transforment pour toi en bénédictions abondantes :-)
Ecrit par : Catarilia Marsolle | 12.10.2009
J'aime !!! Merci d'avoir partager !!
Ecrit par : Hafida Azed-den | 12.10.2009
J'écris, je ne cesserai d'écrire...Surtout quand c'est aussi bien écrit la thérapie est de qualité certaine. Ecris donc et laisse-nous lire cette belle prose.
Merci Rachid.
Ecrit par : Abdelhamid Khadraoui | 12.10.2009
Mais c’est vrais Mr Rachid j’ai tombée amoureuse de ce que vous écrivez
Ecrit par : Hafida Azed-den | 12.10.2009
sentiments connus.....heureusement,l'espoir est là...pour ne pas sombrer....l'espérance est de croire en l'inespéré.....
merci Rachid
Ecrit par : Claudine Soultanbeieff | 12.10.2009
RACHID, ton texte est trop triste, même si tu laisses entrevoir une nouvelle vie qui s'annonce....Je n'aime pas l'émotion que je ressents en le lisant....et j'espère que tu continueras à écrire, car ses mots que tu écris à l'encre de ta douleur ne doivent pas rester enfermés en toi... libères-les et ils deviendront lumière sur ton chemin....
Je t'embrasse...contente que tu sois là... FB...n'est pas le même sans toi....
Anne
Ecrit par : Anne Volpe | 12.10.2009
coucou, bon je laisse pas souvent de message, mais j'aime toujours tes écrits ! celui ci me plait car il met en relief toutes les contradictions inhérentes à lamour, à ce sentiment de manque face à l'absence et la solitude. bravo.
Ecrit par : Pascale Battistelli | 12.10.2009
J’ai l'intime conviction que, malgré les apparentes contradictions, une nouvelle vie se dessine devant mes yeux....
Et moi j'ai l'intime conviction que ça va être le cas!
Bon retour parmi nous Rachid!
Nos pensées les plus tendres t'accompagnent!
Ecrit par : Hedia Sedairia | 12.10.2009
Soleil couchant et soleil levant, disais-je, lettres et correspondances ruissellent de l'attente de leurs résonances, la Musique aussi, et aux abords du désert séculaire s'épanouissent deux magnifiques fleurs... Lettre d'une émotion ainsi qu'une grande émotivité. Je suis très émue à sa lecture...
Ecrit par : Véronique Sauger | 12.10.2009
j'aime beaucoup,un tel talent j'en suis jalouse!!!
Ecrit par : Atika Zoubir | 12.10.2009
Merci Rachid d'être venu nous honorer de ta présence et pour ce texte profondément pur dans son expression de détresse.
Je dis que c'est un honneur parce que tu donnes le force de ton écriture comme un présent à tes amis.
Ton amitié est un privilège . Ton coeur est
profondément noble. Sois remercié pour tout ce que tu apportes par ta poésie et ta présence.Je t'embrasse.
Ecrit par : Bernadette Jadot | 12.10.2009
X... XXXXXXXXX : La suture tient bien, maintenant, n'est-ce pas...
Ecrit par : Véronique Sauger | 12.10.2009
Rachid, merçi beaucoup pour le beau texte. Je n'aime pas que tu sois triste. Tu as beaucoup d'amies lá, moi la prémiere. L'amor c'est mervelleux mais il fait souffrir. Je t'embrasse mon ami. mon amitié pour toujours
Ecrit par : Isabel Ortiz de Zarate | 12.10.2009
Désolée, mon tendre ami, je ne peux rien dire en te lisant car ta souffrance devient la mienne. Ton talent va au-delà des mots, mais comment soigner tes maux. Je t'embrasse tendrement
Ecrit par : Magali De R | 12.10.2009
Ecris, Rachid ! Tes mots sont si beaux !
Ecrit par : Patricia Loughani | 12.10.2009
lui écrire encore et encore, lui écrire à nouveau... mais tu t´es recroquevillé, ton coeur pleurait et pendant que tes pensées vagabondaient ... tes doigts s´engourdissaient.
Ces lignes n´étaient pas destinées à ta muse, ici tes mots dévalent les pentes vertigineuses du doute et de la crainte étouffant toute joie et masquant ton espoir par leur précipitation. Cette nuit-là, tu écrivais à ton ombre.
Fusion surnaturelle, seul l´Amour retrouve les mots que tu caches sous ce voile gris ... et tu savais que ta muse les reconnaitrait.
Ecrit par : Claire de Lune | 17.10.2009
Fragments. Lettres. Je lis. Un sourire me vient puis s’enchaînent des mots. Je vois chaque Homme dans tes mots qui nous accompagnent, qui nous prennent la main, tu as fermé les yeux, et je continue de te lire, est-ce cela cette paix profonde que seul le vrai poète apporte avec ses mots ?
As-tu écouté cette lettre que j'avais écrite ? As-tu écouté ces mots ? Ils grandissent, les mots, ils se gardent jusqu’à la fin des temps et la distance n'est rien.
Je suis de celles et ceux qui les aiment, les mots, c’est idiot, mais aujourd’hui, je lis que je ne suis pas seule, je suis entourée de ceux qui les portent dans leurs cœurs pour ce qu'ils sont, des Amis dont la seule évocation ravive, comment te sens-tu ?
Les choses changent, le ciel, les mots murmurent au ras du quotidien, les mots qui déjouent la mélancolie, avec un perpétuel plaisir dans la beauté de l’esprit.
Nul besoin d’arme, nul besoin de maîtriser un tremblement de terre, ils nous relient avec les gens.
M’entends-tu ? Peux-tu me répondre ? Car l’hiver arrive et je suis assise devant cette porte de tes lettres, là où tu as laissé ta Muse. L’hiver arrive, oui, et c'est bon, il est une petite vague qui racle la terre et s'en retourne à la haute mer, sans geler les âmes ni les coeurs, juste le froid purifiant l'atmosphère... Courage, je pense à toi...
Ecrit par : Véronique SAUGER | 21.10.2009
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