05.11.2009

Fragment XXXXXXXXXIII

Lettre XXII

A toi Fatma

L'automne hésitant de Casablanca

 

Couturière de mes plaies! Le sel de tes mots aiguise mes maux. Je souffre de ton éloignement. Je m'alanguis douloureusement d'entendre des bribes d'écho de ta voix. Du nord ou de l'ouest qu'importe! Sous mes empreintes sur le sable du sud désert se révèlent tes pas humides reflétant les sourires jaloux du large ciel.

Ton avènement m'a appris qui j'étais. Tes yeux m'ont révélé ma vraie nature. Tes mots m'ont réappris le sens du mot amour. Je ne laisserai ni la colère ni la tristesse ni la haine briser la joie d'être ce que je suis ou ce que je pourrais être...

L'automne hésitant de Casablanca. L'automne de la pensée vacante hormis de ton être. De ton absence je m'occupe. De ton absence je fais appel à toutes les douces absurdités pour te placer dans les courbes de mes lignes de fuite.

Tel un surfeur sur les lames périlleuses de l'Atlantique j'essaie de rester hissé. Je garde un semblant de bravoure pour faire durer mon regard à l'horizon. Voir un soupçon de ta silhouette...

L'automne est hésitant à Casablanca.

Merci d'être ce que tu es. Merci d'être sans oser iriser complètement mon ciel "brumeusement" gris. Merci de peupler ma vacuité de ton écho. Merci de suturer, de si loin, mes plaies sur lesquelles ni l'histoire des hommes ni celles des dieux n'ont aucun impact.

Tu as permis aux milles trous de ma tête, à force de cieux écroulés dessus, d'être peuplés tant bien que mal, de ton aura.

Tu es et tu seras l'accompagnatrice de ma renaissance.

Grâce à toi, Fatma, le printemps sera là à Casablanca.

 

Rachid Daouani,  Le Washington, le 04 Novembre 2009

17:07 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://daouanirachid.hautetfort.com/trackback/2453369

Commentaires

Oui comme je te disais, je me joins à Calliope pour approuver l´harmonie fluide de tes mots. La mélodie nous enchante. Concert spirituel d´un coeur tendre et sensible. Cher Rachid, nous t´emmenons sur notre petite planète bleue ...
Je rends hommage à ta limpide créativité et aux doux sentiments qui ont guidé ta plume dans cette lettre.
Je te remercie, ce furent de délicieuses minutes que de lire ces lignes. Et je suis certaine que ta muse Fatma a été très heureuse de recevoir cette grande preuve d´amour.

Ecrit par : claire lumiere | 06.11.2009

Un nouveau personnage? Ou un prolongement de l'autre? Les silhouettes se dessinent puis se taisent et se cachent. C'est l'art de l'écriture poétique, dont je vous remercie à nouveau, cher M. Daouani. A la prochaine rencontre entre vous et votre Muse des mots, Bien à vous, Jean-Loup

Ecrit par : J-Loup JACOT | 09.11.2009

العزيز رشيد
تعيدنا إلى لحظات إحساس عميق وأصلي، بين خياطة الجروح والخريف الحائر في البيضاء، ننزاح عن اليومي الذي يقتل الشعر فينا
مودتي لك ولقلمك

Ecrit par : said naji | 10.11.2009

Tres chers Said et Jean Loup
Je vous remercie pour vos commentaires et vos encouragements qui ne manquent pas de me pousser à aller de l'avant ...merci pour votre fidélité et votre sens de la critique...j'espere pouvoir vous lire bientôt

Ecrit par : Widad Amra | 19.11.2009

Ecrire un commentaire