19.11.2009

Fragment XXXXXXXXXV

En hommage à toutes les femmes

Lettre XXV

Fatma

Femme de mon cœur,

Je ne cesse pas de naître, ai-je dis dans une précédente lettre. Ce sentiment ne cesse à son tour de s'imposer à moi depuis que tu as nommé ce que je croyais innommable...

Avec toi Fatma, j'aimerais créer le mot qui n'existe pas. Le mot pour dire au-delà des choses. Dire l'impossibilité et l'infini du dire. L'infini de naître. L’infini de mourir. L'infini de la répétition. Sans fin ni commencement. Avec toi Fatma je suis en de/deux venir.

Avec toi Fatma je retrouve cette nuée de sensations que j'ai toujours rêvées de vivre dans leur totalité. Elles envahissent tout mon être dés que j'entends ta voix.  Elles explosent dans chaque coin et recoin de mon corps dés que derrière mes paupières se profile ton visage. Quand je te lis c’est tout mon être qui se fragmente en une infinité de morceaux qui ne pensent, ne respirent, ne vivent que de toi et pour toi.

Avec toi Fatma, clé de mon énigme, je retrouve cette sensation tant décrite dans les textes sacrés et profanes. La chute. La chute avec le cri d'avant le cri. Le cri du commencement...le cri où mourir, souffrir et jouir se mêlent dans c et état duquel je voudrais créer le mot.

J'ai vu la mort. Je sais la mort. J’ai vécu les mort/sures. J’en garde les traces dans mon cœur et sur mon corps. Mon écriture est la somme de tous les cris qui en découlent. Elles me l'ont enseigné toutes les femmes que j'ai connues avant toi Fatma. Elles ont été à l'origine de ma naissance. A l'origine de ma mort.  Source de ma souffrance et de ma jouissance. Toi Fatma tu es ma vie. Toi. Mon à venir. Fatma mon éternité.

Je voudrais, ici, leur prouver ma gratitude pour m'avoir donné la force de chercher le mot manquant. Je ne voudrais en aucune façon les renier. Je n'en dénigre aucune. Toutes ont écrit d'une encre indélébile dans mon parchemin que j'offre à ton regard.

Je suis issu du désir d'une femme. Et toutes les femmes qui lui ont succédé et dans les bras desquelles mon corps et mon cœur ont été sculpté m'ont appris chacune à sa manière à aller aux méandres de mes mémoires passées, présentes et même à venir pour te chercher toi fatma... en toi Fatma je retrouve une parcelle de la perfection de chacune d'entre elles.

Elles m'ont appris, ne pensant ni à mal ni à bien, les affres. Les angoisses continuelles de l'abandon. La douleur. La solitude. L'attente...la maladie de la mort. La maladie de l'amour. La chute. L'abîme. J'ai survécu. Je n'ai pas cessé de naître. Je les ai vécues. Je vis. Tu es ma vie.

Ma vie

Toi

Fatma

Femme de mon cœur

Rachid Daouani, Béni Mellal, le 19 Novembre 2009, entre 5h et 6h30 

 

 

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16.11.2009

Fragment XXXXXXXXXIV

Lettre XXIII

Ma FA tma

Depuis quelques jours tu as nommé ce que je considérais, à tort ou à raison, comme innommable. Depuis quelques jours tu as nommé ma vacuité. Depuis quelques jours tu as trouvé le mot manquant. Depuis lors tu es la clé de mon énigme. Tu es LA FAtma. Tu es la note qu'aucun musicologue n'a pu créée. Tu es ma note. Tu es l'unique. Oreille absolue. Je t'écoute. Je t'entends FA tma.

Ma langue est désormais parfaite. Tu l’as dit. Je sais maintenant. Je viens de savoir. Et avec ce nouveau savoir j’apprends qu’à mon âge je ne suis qu’un débutant. Dorénavant je sais le mot qui me manquait. Je viens aussi de perdre tout mon vocabulaire. Tu l’as dit. Il résonne encore et résonnera toujours dans les moindres recoins de mon être. Ses vibrations retentissent, en mon for intérieur, avec d’incommensurables interrogations.

Je suis redevenu l’homme-enfant comme tu te plais à le dire. Une sorte d’idiot avec toute la tendresse que le mot comporte. Je n’arrive plus à te parler ni à t’écrire comme avant. Tu l’as dit.

Nous sommes le poème, dis-je.

Ce poème nous l’écrivons de notre encre naturelle. Nous le parfumerons de nos arômes. Nous le rythmons de nos soupirs et gémissements. Nous le déclamerons à chaque regard, à chaque caresse…

Tu l’as dit et j’aimerais ne plus écrire, ne plus parler.

Tu l’as dit.

J’aimerais me taire pour savourer éternellement ce que tu as nommé depuis quelques jours.

Tu l’as dit et j’aimerais le répéter sans aucun arrêt sauf quand tu aimerais me le souffler et insuffler encore et encore cette nouvelle vie qui se profile devant moi.

Nous l’égrènerons sur le chapelet de nos doigts et de nos lèvres.

Rachid Daouani, Casablanca, le 13-14 Novembre 2009

    

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11.11.2009

Fragment XXXXXXXXXIV

بارقة

بين اللحظات

أعلق في تفوهاتك

المنبوسة

المفكرة

بأهداب جسدينا

المنصهرين

بفواكهنا

المحرّمة

بروحينا

المفقودتين

العائدتين

الزاهيتين

كائنينا يمرحان

فرندول

تناثرات شبقية

ملائكية

شيطانية

انتصاباتي

تُبشر ببياض

مُملح

بروزاتكِ

برحيق

مُسكَّر

تجوفتك

تُدمع كوثرا

أحلى من عسل

رشيد دواني
بني ملال، 11 نونبر 2009


Fulgurance

L’instant d’entre les instants

Suspendu

A tes proférations

Dites ou pensées

Suspendus à
 
corps fondus

à nos fruits défendus

à nos âmes perdues et retrouvées
 
En arc en ciel

nos êtres s’ébattent en une farandole
 
d’éparpillements

lubriques

angéliques

sataniques

ma proéminence augure

d’une blancheur salée
 
tes reliefs

tes cavités

d’un nectar sucré
Rachid Daouani



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05.11.2009

Fragment XXXXXXXXXIII

Lettre XXII

A toi Fatma

L'automne hésitant de Casablanca

 

Couturière de mes plaies! Le sel de tes mots aiguise mes maux. Je souffre de ton éloignement. Je m'alanguis douloureusement d'entendre des bribes d'écho de ta voix. Du nord ou de l'ouest qu'importe! Sous mes empreintes sur le sable du sud désert se révèlent tes pas humides reflétant les sourires jaloux du large ciel.

Ton avènement m'a appris qui j'étais. Tes yeux m'ont révélé ma vraie nature. Tes mots m'ont réappris le sens du mot amour. Je ne laisserai ni la colère ni la tristesse ni la haine briser la joie d'être ce que je suis ou ce que je pourrais être...

L'automne hésitant de Casablanca. L'automne de la pensée vacante hormis de ton être. De ton absence je m'occupe. De ton absence je fais appel à toutes les douces absurdités pour te placer dans les courbes de mes lignes de fuite.

Tel un surfeur sur les lames périlleuses de l'Atlantique j'essaie de rester hissé. Je garde un semblant de bravoure pour faire durer mon regard à l'horizon. Voir un soupçon de ta silhouette...

L'automne est hésitant à Casablanca.

Merci d'être ce que tu es. Merci d'être sans oser iriser complètement mon ciel "brumeusement" gris. Merci de peupler ma vacuité de ton écho. Merci de suturer, de si loin, mes plaies sur lesquelles ni l'histoire des hommes ni celles des dieux n'ont aucun impact.

Tu as permis aux milles trous de ma tête, à force de cieux écroulés dessus, d'être peuplés tant bien que mal, de ton aura.

Tu es et tu seras l'accompagnatrice de ma renaissance.

Grâce à toi, Fatma, le printemps sera là à Casablanca.

 

Rachid Daouani,  Le Washington, le 04 Novembre 2009

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29.10.2009

Fragment XXXXXXXXXII

Lettre inachevée

Lettre XXI

A qui de droit

Les mots avec lesquels je te le dis sont ceux de tous les jours. Mais ils ont la teneur et la consistance de mon âme et de mes profondeurs. Mes douleurs. Mes peines. Ma solitude. Ma joie. Ma plénitude. Ma vacuité…

Ce fût une époque récente où j’étais une ombre diffractée. Je fus une ombre en mal d’un regard. Le soupçon d’un regard. Pourtant on me dit, et je le sais, que je ne suis pas de la race des ratés. Ce fût une époque récente. Me revoilà sur pieds. Dans mes veines coule encore le sang de mes fiers aïeux, arabes ou amazighes allez le savoir ! Altiers ils l’étaient. Altier je suis et le serais.

Mes mots sont le rugissement qui se fait entendre depuis des siècles. Le rugissement qui dit non à la résignation. Non à la capitulation. Non à l’absence d’amour. Le temps que cela durera mais advienne que pourra !

Ineffaçable fêlure pourtant. La blessure est là.  L’infini des sutures ne saura la colmater. Que les Dieux et les hommes en prennent acte. La vie est finie. La vie continue. J’en suis désolé. Je le serai encore et toujours. L’inévitable est là. Il ne s’effacera pas. C’est gravé et incrusté dans toutes mes mémoires. Il faudrait que j’apprenne à vivre avec.

Passons à autre chose.                 

Abra et ma Rime sont là.

Fatma, la muse, est là.

La main de la providence.

Incapable de rester uni au rien qui n’engendre que le Rien…je suis en quête.

Il y a quelques jours j’ai eu une révélation. Un rêve peut être. Mais le tunnel était sublime. Juste un petit noir au début et ce fût cette sublime lumière. Je ne marchais pas dans le tunnel. Je volais avec une si agréable et indescriptible légèreté. Une insoutenable légèreté dont je ne me croyais pas capable. Une légèreté insoupçonnable qui n’existe que dans les rêves. L’immaculé couloir m’empêchait de voir les visages qui me regardaient ou me parlaient, je ne sais plus…

Quand j’ai pu entrevoir quelque chose ton visage s’est profilé comme unique …indescriptible sa beauté…je le garde en moi…

Ta douceur et ta tendresse étranglent et éteignent ma voix.

Comment pourrais-je taire cette douleur qui m’emboite le pas ?

J’ai pourtant délaissé l’écran noir et la page blanche.

Mon silence était plus éloquent et plus bavard…

Béni Mellal, les 25 et 29 octobre 2009

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25.10.2009

Fragment XXXXXXXXXI

Lettre XX
La Main de Fatma

Mes pupilles scrutent le noir pour entrevoir un soupçon de ta lumière. Ma vacuité matérielle aux millions de trous causés par les cieux écroulés sur ma tête ne cesse de réclamer la douceur de ta voix. Ta voix qui m’a confirmé que je ne suis pas de ceux qui se résignent à leur triste sort. Oui. Grâce à toi Muse des muses je vivrai. Que dis-je ? Je ne cesserais pas de vivre. Je ne cesserais pas de vivre. Cette voix venue d’un ailleurs lointain et pourtant si proche résonne encore et toujours dans mes veines noircies par cette écho pestilentielle qui ne cesse de narguer tout mon être et mes sens…
Quand tu m’as parlé j’ai imaginé ta main. La main de Fatma. On dirait que tu voulais me protéger contre un mauvais sort. Celui qui projette son ombre sur moi. Tu parlais. Je t’écoutais. Je t’entendais. Et je t’imaginais. Tu es là. Devant moi. Oui ! En chair et en os. Je perdais mes mots. Je perdais toute mon aura devant ta superbe. J’avais peur de rompre le charme. J’avais peur de dissiper cette image de toi en proférant la moindre  parole. Cette image que j’avais toujours ,et depuis que je t’ai connue, esquissée de toi…
Ta voix est la clé de cette énigme qui m’a envouté depuis le premier jour où on s’est croisé sur nos chemins de croix. Malgré toutes les apparences et les faux fuyants que j’ai pu inventer pour ne rien laisser transparaitre, j’ai été subjugué par tes mots, dits ou chuchotés. Je te dis que je suis submergé par ta présence qui vaut les milles remèdes prescrits à mon mal.
Aujourd’hui j’ai entendu ta voix.
Ce soir j’ai vu. De mes yeux vu ta superbe.
Cette nuit sera blanche de ta splendeur.
Cette nuit je ne veux pas fermer mes paupières pour garder à jamais toute ta lumière.
Demain je rêverai de toi.
Toujours tu seras en moi.
Eternellement tu es ma plénitude.

Ma douleur se dissipe peu à peu. Un bien être m’envahit. Je marche sur la côte atlantique. Je marche. Je souris. Je commence à être. Je commence à re-devenir. Je marche. Je suis à venir. J’ai eu subitement envie de fêter cet événement. J’ai bu. Je suis. J’ai bu. Je te revois. Je t’entends. Les vagues de l’Atlantique. Le Val d’Anfa. Je Bois. Je souris bercé par le blanc des lames, le bruit de la brise, de l’arôme du verre. Je vis. Je suis. A toi je me rends Muses des muses. Ta main. Celle de Fatma m’effleure. Je me rends à sa douceur. Tout s’évapore hormis tes yeux et ta voix. Je suis. Je te le dis. Je te l’écris même si ma voix est éteinte. Je suis. Je ne cesserais pas d’être…


Rachid Daouani , Casablanca le 23/ 24 Octobre 2009

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07.10.2009

Fragment XXXXXXXXX

Lettre XIX

Pour toi

J'écris

Je ne cesserais d'écrire

 

Cette comme toutes les précédentes je me retrouve encore dans ma solitude. Je me retrouve en face de cette vacuité lourde d'interrogations dont le désarroi et l'angoisse sont le dénominateur commun. Les séquelles de la blessure originelle émergent avec leur cortège de douleurs et de doute.

La gangrène a vite fait tâche d'huile à partir de mon cœur et de ma tête. En sortant de mes yeux le sang noir, avec une fulgurante ironie, a assombri mon corps. La fine pluie et l'âcre de la cigarette n'ont pas pu apaiser ma douleur.  J'écris. Voilà ce qui me reste comme seule et unique issue.

Je ne cesserais pas d'écrire pour crier ma faillite. Exorciser le mal qui me ravage de nouveau.

J'écris.

Quelle est cette malédiction qui m'envahit de nouveau? Quelle est cette malédiction qui me colle comme mon ombre. Ce double qui me piétine à tout bout de champ comme pour me rappeler à ma triste réalité.

J’écris.

Je ne cesserais d'écrire pour que l'amnésie salvatrice ne se faufile dans mon sommeil précaire et change l'aspect du démon qui m'a exproprié de mon ombre vraie.

J’écris.

Je ne cesserais d'écrire.

Pour toi. Tu es la seule à avoir compris ce que je suis. Ce que j'étais. Celui que j'aurais pu être.

Ta venue, tant souhaitée, coïncide avec l'anniversaire de ma mise à mort; tu m'as ouvertement parlé ce jour de Septembre. Le dialogue s'est engagé avec beaucoup de sincérité et de spontanéité.

J’écris.

J’essaie de garder les pieds sur terre pour ne pas sortir les pieds devant. J’essaie. J'écris.

Ne pas trop m'engager vainement dans de faux espoirs. L'inéluctable est pourtant là. Je ne veux ni ne peux m'y échapper. Je laisse venir. Je le vis et advienne que pourra. J’écris. Je ne cesserais d'écrire.

J'écris.

J’ai l'intime conviction que, malgré les apparentes contradictions, une nouvelle vie se dessine devant mes yeux....

J’écris.

Je l'écrirais. Tu es devant mes yeux...

Ton image ne me quitte pas. Je te parle. Je t'écris. Tu m'entends.

J'écris. Je ne cesserais d'écrire

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20.09.2009

Fragment XXXXXXXXIX

Lettre XVIII

A toi Muse des muses

Nous nous sommes connus à travers la moire et la plaine blanche. Nous nous ne sommes jamais adressé la parole. Je te cherchais. Tu me fuyais. Tu me retrouvais. Je m’éclipsais. Pourtant nos âmes, à notre insu, se disaient beaucoup de choses. Derrière nos silences respectifs tout un monde se construisait. Ses attentes. Ses espoirs. Ses déceptions. Tout y était. Avions-nous besoin de nommer les choses, les êtres et les événements pour que nous soyons les bâtisseurs de cet empire ? Je t’avais déjà dit que nos cercles nous accompagnaient et nous préservaient jusqu’à la fin de la splendide œuvre. Tu es venu à moi. Je t’attendais. Je t’attendais avec la peur incessante de ne jamais voir se profiler ton ombre. Qu’est ce qu’elle était douloureuse et belle l’attente. Dure. Longue saison. J’avais le bout de fil dépendant du cercle. Je l’avais au bout des doigts. Je n’osais le toucher ou le tirer de peur de rompre tout le charme et la magie desquels tu es la seule à détenir la clé. Tes mots commencent à résonner dans ma tête depuis quelque temps. Tes mots écrits envers et pour moi commencent à colmater la brèche de ma tête. La fêlure n’est presque plus lézardée. Tu as rompu le silence. Je distingue le jour de la nuit. Mon ombre perdue dans le désert de Mars le long du Draa comme la folle du Mékong, reprend le chemin du retour. Elle disparait pour réapparaitre dans une sorte d’hésitation légitime. Avant chaque disparition elle me laisse une sorte de talisman énigmatique. Parchemin indéchiffrable qui s’évente avec le sable des dunes. Chaque fois tu es le seul signe que je reconnais de cette écriture. On dirait que mon ombre refuse de me rejoindre tant que tu n’es pas là. Maintenant et depuis que tu t’es manifestée, elle réapparait plus souvent… Ce matin après la nuit qui s’en fut fade, timide, grouillante de cris stridents naquit l’aube. L’aube n’est plus incertaine. Du ciel blême qui me révulsait j’ai entendu le spectre de ta parole. Muse des muses. Je sais. Jai l’intime conviction que nous allons parler de vive voix. Oui. Nous allons parler. Le monde se taira. Nos cercle ne feront plus qu’un. Mon ombre me rejoindra. Je me perdrai en toi. Je veux me perdre en toi. Mon corps se redressera. Je te regarderai dans les yeux. Je m’habillerai de tes mots. Tu te peindras des miens. La ville est trop petite pour notre amour. Le désert nous accueillera. Nous serons la fresque. Elle n’apparaitra que pour ne jamais disparaitre. L’œuvre est là. Inexorable. Indélébile. L’amour triomphera…

A suivre

Rachid Daouani, Béni Mellal, le 17 Septembre 2009

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15.09.2009

Fragment XXXXXXXXVIII

Lettre XVII

Muse ! je te laisse le temps nécessaire…

Cela fait déjà longtemps que j’ai perdu le sommeil. Cette nuit mon insomnie n’est pas douloureuse. Je t’écris là pour te dire combien je suis mieux après notre discussion. Je n’ai plus cette fièvre « inoriginelle ». Aucune angoisse de ne pas pouvoir dormir. Je savoure tes mots. Ceux que j’ai souvent envie d’entendre. Ils résonnent en moi avec la douceur chatouillante de ta voix. Ma tête n’est plus aqueuse. Tes mots égrenés comme un chapelet grouillent dans les trous de ma tête. Ma tête trouée à force d’avoir reçu les cieux écroulés sur elle. Mais là…les idées n’y circulent plus comme un courant d’air. Ton image et tes mots donnent plus de consistance à ma tête. Beaucoup de teneur à mes idées. De belles couleurs à mes rêves. Tu es là. Tu occupes l’espace. Mes lignes de fuite sont claires. Je ne sais par quelle magie elles vont en parallèles avec les tiennes. J’entrevois à l’horizon. Là-bas. Dans pas longtemps. J’entrevois la rencontre de nos parallèles. Mes mots ne sont plus verticaux. Leur horizontalité est un bon signe. Le rythme n’est plus fulgurant ni essoufflant. Ma démarche est plus lente. Mon arythmie s’est quelque peu calmée. Je fume moins. Je pense à toi. Je regarde tes yeux. Ta sérénité me contamine. Je vois ma tête claire de nouveau. De nouveau beaucoup de vacuité. Ma tête est posée sur ta poitrine. L’orage d’hier soir a fini par calmer ma tempête. Mon flanc tressaille par ton souffle…

Cela fait longtemps que tu es parti de ce pays qui te réclame maintenant. Moi aussi je te réclame. Malgré l’éloignement tu demeures en ses inflexions. Les miennes ont mal. Pour garder ton image, je ferme les yeux. Je m’entoure de mon cercle. Je le ferme. J’enfouis la clé dans mon cœur. Une fois dedans je romps avec l’extérieur. Plus d’intrus. Aucune autre pensée que la tienne. Je fais table rase du quotidien. Je suis un réceptacle. Tu es la seule à l’occuper. Comme tu l’as souhaité, je commence à retrouver mon sommeil d’enfant. Ta pensée est un giron dans lequel je me refuge. Mes mots indiqués par des chiffres romains en points de croix me permettent de suturer les blessures récoltées sur mes lignes de fuite. Tes mots finiront par colmater ma fêlure. Tes mains sauraient elles prendre mon visage ? Je te laisse tout le temps nécessaire pour le savoir ? Saurais-tu, pourrais-tu accueillir sur ta poitrine l’homme de la fêlure ?   

Rachid Daouani, Béni Mellal,  le 15 septembre 2009

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13.09.2009

Fragment XXXXXXXXVII

Lettre XVI

Pour toi Muse de Kaiss

Je te chéris femme !

En ce mois de septembre le temps s’effrite. La création bouillonne. Le corps est aux prises avec la parole. Les heures d’affliction s’éparpillent en petites notes de musique. Tordues et torturantes. Elles participent tant bien que mal à la belle œuvre depuis toujours attendue, espérée et convoitée. Tu ne peux savoir combien tu comptes pour moi. Toi. Ma plénitude. Je te chéris tant.

Je te chéris même si sous une autre apparence tu m’as enfouis sous terre. Je te chéris même si tu as piétiné mon sol. Là, avec ce nouveau visage, tu me fais l’effet d’un archéologue. Tes mots et tes interrogations O combien légitimes, me déterrent. Me dépoussièrent. Ton regard sur moi me remet à jour. Me met au jour. Ta tendresse et l’admiration que je lis à travers tes mots et ton regard m’arrachent des griffes du désarroi et de la lassitude. Tant ma douleur était intense.

Je veux te plaire. Encore et encore. Je voudrais t’impressionner. Donner le meilleur de ce que je suis. De ce que je pourrais être.

Je te chéris tant Femme ! Malheureux, à jamais, tout homme qui penserait exister sans toi, Femme ! Bénie sois-tu pour la splendeur dont ta présence illumine mon être meurtri. Mon être détruit depuis des années. La perfidie et l’ignominie ont eu raison de ma foi et de mes lois. Ta simplicité. Tes questions. Ton empirisme…Tous réunis ont fini par me réapprendre les balbutiements de la vie. Je suis à bonne école. Avec toi, je redécouvre le cri précurseur du mot « amour ». Tes leçons improvisées finiront par me faire prononcer ce mot dans toutes les langues. Même celles que je ne connais pas. Te dire encore et toujours : je te chéris tant Femme !

En lisant tes lettres je ferme les yeux. Je scrute l’écran de sous mes paupières. J’y vois un ciel étoilé. Une farandole de points lumineux. J’y retrouve mon sommeil d’enfant. Je te chéris parce que ta voix donne un autre goût à mes larmes. Tes interrogations me prouvent et me confirment dans mon existence. J’existe. Oui. Et tu y es pour beaucoup. J’ai une raison d’exister. Toi, Femme ! Voilà pourquoi je te chéris tant Femme ! Femme de mes rêves. Femme de mes souffrances. Femme de ma vie. Femme tout court. Muse de mes mots.

Rachid Daouani , Béni Mellal, le 11 Septembre 2009 , entre 3h et 5h du matin    

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