11.01.2010
Fragment XXXXXXXXXXXX
Dimanche houleux, saison sage
Avant-hier je suis arrivé au pied du Moyen Atlas. La fatigue amassée depuis un certain temps commençait à se dissiper. La pluie trempe, le vent effleure avec une cinglante impudeur. Les voix aussi. Toutes ces voix, anges ou démons, ont crié leur rage d’amour ou de haine. La chose est incertaine …
je ne suis pas vraiment en vacances Fatma !
Je me suis permis quelques kilomètres en altitude pour je ne sais plus quelle raison…
La montagne est blanche. Le ciel étoilé. Les voix malsaines se sont dissipées avec le passage glacial du vent. Il ne reste que moi et toi. Toi ma vie ! Toi mon amour ! J’ai entendu ta voix. Elle résonne encore en moi cette nuit. Elle me rappelle le chant de La Tassaout. Mririda. La divine voix de l’amour.
FAtma !
Imagine que demain je me taise. Que je n’aie plus de voix. Qu’il n´y ait plus d’écrit. Une page blanche demain. Pas vierge. Mais silencieuse. Une page qui ne suscite aucune réaction. Rien. Aucune pensée. Ni à mal, ni à bien. Rien. Le silence. Les gens vaqueront à leur médiocrité quotidienne. Ils n’auront ni rêve ni souci. Moi j’écrirai en silence. Je m’écrierai sans voix. Mon cri, mon écrit restera dans ma poitrine. Tu seras la seule à l’entendre. Tu me répondras. En silence peut-être mais tu me répondras …
Remarqueront-ils la page blanche ? Sauront-ils entendre le silence ? Je ne le pense pas. Ils ont besoin de concret pour pouvoir se manifester. Trop habitués à la curée pour faire un simple voyage dans leur for intérieur afin de saisir le pourquoi et le comment de mon amour pour toi Fatma ! ...
Amour duquel ils ont perdu toute aptitude puisque ils ont troqué leur humanité dans les supermarchés de leur grégaire banquet…
Je me rends compte qu’il est trop tard pour me taire demain…
Au moins je l’aurais dit…
Toutes ces lignes, auxquelles je n’ai pas pensé avant, exigent le silence du silence. Le silence doit se taire. La parole est là. Mririda, le chant de La Tassaout, résonne depuis la nuit des temps dans l’heureuse vallée. Le chant de l’amour est là. L’écrit est là. Il y demeure jusqu’à nouvel ordre. Et advienne que pourra !
Le silence ce sera pour une autre fois … le moment venu il s’imposera de lui-même …
Sache une seule chose FAtma ! Je ne cesserai jamais de te le dire :
Tu es là en moi
Chair ou papier
Par
L’ouïe
Par
Le toucher
Personne ne prendra ta place et ne pourra t’effacer de mes mémoires présentes et futures…
Rachid Daouani, la nuit du 10/11 janvier 2010
PS : Avertissement
Ceci est une correspondance imaginaire
Toute ressemblance totale ou partielle avec les noms cités dans ce texte n’est que fortuite
Quelques références pour plus d’informations :
http://www.francopolis.net
http://www.paperblog.fr/19
17:55 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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10.01.2010
Fragment XXXXXXXXXXIX
J’avoue que je suis dans l’urgence et dans la frugalité
Je voudrais aussi te dire que mes anciennes blessures ont fait de moi un homme libre. Indépendant. Je suis partant pour tout ce qui m’appelle et m’interpelle. Pour tout ce qui s’offre à moi. Et pourtant ! Ma soif de toi rend cette liberté conditionnelle. Un sursis …
J’avoue que je suis dans l’urgence et dans la frugalité …
J’ai très faim d’aimer et d’être aimé. J’ai très envie des balbutiements de la passion. Redécouvrir les premiers fragments de la genèse oubliée et perdue. Et après mourir …
Une peur viscérale me bâillonne et me remet au silence quand je pense à la confiance que tu provoques en moi. Moi, pourtant, qui ai si envie de folies et de vagabondages, je suis très tenté par la béatitude de la fixité. Je voudrais tant m’abandonner complètement à toi …
J’ai peur …
J’ai très peur …
Et pourtant ce n’est pas le courage qui me manque … J’ai surtout peur de te décevoir … peur de te faire mal tellement je suis redevenu tributaire de mon indépendance et de mon envie un peu flagrante de liberté.
ET… je sais que je te reviendrai … Tu es mon ancrage … Tu es mon port d’attache … Moi le marin maudit qui chante avec les sirènes …
Je n’ai plus envie d’être un acquis, je n’en ai plus ni la force ni le courage. Je me refuse d’appartenir … je veux juste partager ce qu’il ya de bon et de meilleur en moi … mon humanité.
Mais sache une chose ! Malgré tous mes acquis, mes déboires, mes déceptions, mes exploits, je redeviens page blanche. Une sorte de novice …
J’ai envie de tout réapprendre avec toi. Tous les tremblements et les frémissements premiers. Ma passion pour toi parle pour moi. Je la laisse faire. Je me laisse faire…
Je m’ouvre à toi…
Rachid Daouani, Moyen Atlas, le 10 janvier 2010
16:27 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (32) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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06.01.2010
Fragment XXXXXXXXXXVIII
Mes fragments me suturent dans l’attente de toi …
Je ne savais pas que j’allais écrire. Après la saison du dire qui dura presque vingt ans vint celle du silence. La saison du silence. La saison de l’attente. Ce fut une longue saison. Cinq ans d’attente et de pérégrinations à vouloir savoir ce que je suis. De doutes et d’affres continuels. Qui suis-je ? Que suis-je sans passion aucune. Rien. Ce grand rien. Rien. Sans appui. Sans épaule sur laquelle appuyer ma tête aqueuse. Ma tête aux mille trous à force que les cieux se soient écroulés dessus.
Ecrire. Ecrire. Je ne sais d’où ca m’est venu. Du ciel ou de sous terre. Bénédiction ou malédiction. L’écrit est là …
Je ne savais pas ce que j’allais écrire. Mais c’est tout ce que je sais. Je m’écris. Je m’écrie. C’est mon unique vérité. Celle que je maîtrise …
A l’origine fût la fêlure …
Mes fragments me suturent dans l’attente de toi …
Je m’écrirais de toi. Je m’écrirais en toi jusqu’à épuisement de ma dernière goutte d’encre. De mon sang je m’écrirais s’il le faut. Pour dire cette attente de toi. Vaine ou incertaine. Sûre ou certaine …
En attendant je te cède mes rêves … Depuis quelques temps et grâce à tes mots je dors. J’ai retrouvé un sommeil autre. Sommeil où ma vacuité t’appelle et t’interpelle …
S’il te plaît ! Occupe-les mes rêves. Habite ce monde où tu es déjà reine. Nos âmes y feront l’amour en attendant que nos corps se retrouvent un jour. Les jours ne seront jamais suffisants pour attiser ma soif de toi. Je voudrais te vivre jour et nuit pour rattraper je ne sais quel retard …
Mes fragments sont un livre ouvert où je me livre à toi. Il y a encore une infinité de pages blanche à venir. Tu pourras t’y écrire. Tu pourras me consoler de toutes les gerçures du passé. Tu pourras. Oui, je sais que tu pourras colmater les trous de ma tête aqueuse où les idées circulent comme un courant d’air au gré des vents …
Passe le bout de tes doigts sur mon visage … les larmes y ont creusé des sillons d’égarement …
Etanche ma soif de toi …
Viens dans mes bras … que je m’écrive en toi …
Rachid Daouani, Casablanca, le 05 Janvier 2010, fin d’après midi
19:38 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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03.01.2010
fragment XXXXXXXXXXVII
FAtma!
Présente ou absente tu es en moi…
Ta présence est en moi. Même si tu es absente. Tout mon être jubile de ta présence. Tu n'es nullement L'ABSENCE malgré ton absence. Tu es là en moi. Ce Moi. Ce moi réceptacle de Toi. Toi qui m'envahis. Toi qui m'habites.
A chaque pas quand je marche le poids de ta présence se marque sur ma chair et mon âme. Je te sens. Et de cette manière ta présence m'apprend le sens de la solitude. Je découvre et appréhende la solitude d'une autre manière. Plus agréable et plus intense.
Plus agréable dans la mesure où l'attente de ta venue est la plus belle de toutes les attentes. Que tu sois là ou ailleurs. Proche ou lointaine. Tu es absente. Tu es présente ... Tu es dans ma vie ... C’est l'essentiel.
Avant ton avènement j'étais un homme sans amour. Te voilà là. Ici et là-bas. Me voilà un homme en amour. Me voilà un homme tronquée de toi à cause du temps, de l'espace, des êtres et des événements... Tout nous sépare. Tout nous pousse l'un vers l'autre ...
Oui, je sais que c’est exceptionnel. Tout n'est pas ordinaire avec toi, dirais-tu. Ce partage est exceptionnel je l'avoue ... tu le veux ainsi ...je le veux aussi de cette manière et autrement. Cette manière exceptionnelle … Tu es exceptionnelle …
TU ES L'EXCEPTION QUI ME FAIT HOMME ...
Je sais que tu es prête à me contenir dans ma folie, dans ma totalité et surtout dans ma fragmentation ...
Je ne nagerais plus contre le courant. Flots ou crues. Plus aucune résistance. Je me laisse faire. Tu es à moi. Je suis tien.
Mais je voudrais que tu saches que mon âme et mon esprit jubilent et jouissent de ta présence même quand tu es absente. Mon corps et je sens que le tien aussi sont martyrisés du manque de nous autres ...
(A suivre)
Rachid Daouani, Kenitra et Béni Mellal, entre 2009 et 2010
13:08 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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29.12.2009
Fragment XXXXXXXXXXVI
Tu voulais en savoir plus sur moi ! Voilà mes contradictions. Voilà une partie de mes imperfections.
Mon être sujet aux affres du passé semble ne pas vouloir en démordre. Mon corps dans toute son ébullition ne supporte pas le semblant de sagesse que manifeste le tien …
Différents nous sommes je te l’avais écrit …déjà il y a si longtemps … en un autre temps et un autre lieu …je ne sais lesquels. Mon corps est frugal, que dis-je carnassier, et je dirais quelque part rapace … lion ou loup … il a besoin de la boulimie et de la faim du tien. Oui, j’en ai besoin …Tous les fragments de mon corps ont cette envie et ce besoin de tes lèvres, de ta langue et de tes dents …
Envie que tu les reprennes toujours et encore. Sans arrêt, sans répit … A l’infini.
Ne t’en fais pas, là je te le dis … je te veux. J’ai faim et soif de toi. Inexplicable envie.
J’annonce ma faillite. J’annonce mon abdication. Fais de moi ce que tu veux. C’est exceptionnel ! Je sais … Je sais que j’aime tes yeux. J’aime ton nez. J’aime tes lèvres. Malgré tout ce tu peux en penser toi, sans oser me le dire. Ils sont parfaits pour moi. Tiens ! J’aimerais tout le temps poser ma main droite sur ton visage … en dessiner sans arrêt les contours avec beaucoup de tendresse, sans cesser de scruter tes pupilles … J’aime ma main sur ton visage. Je vais sûrement aimer cette main que j’ai toujours dénigrée. Je la trouverais sûrement plus élégante. Mes doigts plus nobles. Une main plus « mâlienne » malgré le froid de la solitude.
C’est vrai et je ne cesserais jamais de te le dire. Je suis un être indépendant. Je n’ai jamais compté sur personne. Je n’ai pas appris à le faire. Ou peut-être que jamais personne n’a osé le faire, ni même osé avoir cette initiative. Je ne compterais jamais sur qui que ce soit. Non par méfiance ou refus. Non, Non, Non ! C’est ce que j’ai appris ... Et c’est ce que je suis… un être peu parfait et ne prétendrais jamais l’être.
Pourtant je sais aussi que ta vie, autre qu’elle est, s’ajoute à la mienne.
Mes enfants sont là. C’est le plus beau passé que je puisse avoir… Ils sont mon passif. Lourd mais beau ! Magnifique et sublime …Et je l’assume. Ils sont là. Ils retardent mon échéance. Ils me limitent. Ils me font et me défont. Ils me font patriarche. Ils me font poète. Ils me font enfant …Voilà ce qu’ils sont. Mon père et ma mère. Ma sœur et mon frère. Ils me créent. Ils me donnent la vie.
L’homme en moi est amoureux. Je l’adore cet homme. Je le brime souvent. Je l’entrave. Par peur ou par angoisse, je ne sais lesquelles. Pourtant, je ne cesse d’aimer qu’il soit toujours amoureux. J’aime être dans cet amour …
J’ai quitté le désert il y a si peu. Tu y serais un jour avec ou sans moi. Tu l’occupes. Mes traces sur le sable sont gravées à l’encre de mon sang. Aucun vent ne pourrait les faire disparaitre. Elles sont indélébiles. Elles te parleront de moi et de mon ombre. Elles te raconteront mon histoire avec la rose du désert. Elles te raconteront mon histoire tout court …
Au lieu de les effacer le vent du désert se fera une joie de te psalmodier mon chant d’amour.
La lune égrènera sur le bout de tes lèvres les étoiles de ma passion.
Ne te rétracte pas. Accepte-moi dans ma folie. Ma folie. La voie/voix de mon gai désespoir …
Accepte-moi dans ma folie. Accepte le fauve qui est en moi.
Tu pourrais l’apprivoiser. Apprivoise-le et qu’il abdique ou meurt à force de vouloir vivre le présent. Il appartient à aujourd’hui et préfère l’ici-maintenant.
Il n’a pas envie du passé non plus. Ce passé lourd de souvenirs …
Il a envie de vivre le présent dans l’intensité du partage et dans l’indépendance …
Voilà mes contradictions ! Voilà une partie de mes imperfections …
Voilà pour que tu saches un peu sur moi…
Rachid Daouani,
11:30 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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