22.12.2009

Fragment XXXXXXXXXXIV

Fatma!

En moi un fragment pleure je ne sais lequel. Pleurs de joie ou de tristesse. Je ne sais pas. Coup de blues? Nostalgie?!!! Sentiment de HAGRA?!! C’est indéchiffrable. Rompu aux chemins des attentes volontaires ou pas mais surtout vaines...je reste suspendu...Tributaire de certains êtres qui ne comprennent rien…

Le désert m’envahit. Toi tu m’portes. Tu m’ouvres les portes du paradis…

Tu me promets le bonheur tant attendu…

Ma tête aqueuse aux mille trous …

Tend vers toi…

Mon âme fragmentée en cent trois sutures et en voici la cent quatrième…

Mon cœur est aphone à force de cris…

Je me repose sur toi. Je cale ma tête sur ton épaule. Je pose mon visage sur ta main droite. Mes longs bras sur ton dos. Le poids de mon corps sur le tien. Le sens tu ?

Tu as voulu sentir toute ma fragilité et toute ma force. Elles sont tiennes…

Tes mots…oui …cette étrange sensation… c’est fou...Oui ! Délicieuse.

Elle envahit mon corps et fourmille dans mes veines véhiculant tant de chaleur et de vibrations…parcourant ma proéminence…

Quand je te dis que tu es la clé de mon éternité. C’est vrai. Un jour j’avais dit que l’ange de la Princesse est passé me rendre visite….je pense que je ne sais par quel hasard et à mon insu…

Je lui avais fait un clin d’œil ou un sourire il ya des siècles de cela. Il s’en est rappelé. Il me l’a bien rendu en me faisant renaitre avec ardeur par l’appel de ton cœur…

Depuis lors tu m’obsèdes. Mais j’avoue que c’est une belle obsession…

J’aimerais qu’elle dure à toujours…

Tu rallumes en moi toutes les convoitises de toi...Mon sang est chaud de ton regard et de tes envies dites ou non…

Mais contre toute attente je me surprends à ne pas être impulsif...à ne pas penser à ce qui est à venir…à ne pas m’empresser à te le dire tellement je veux que le présent se répète et ne cesse jamais…

Je ne t’aime pas comme c’est courant ou commun. Comme je n’ai jamais aimé ou comme tu n’as jamais été aimée. Je t’aime comme jamais. Je t’aime comme l’existence…

Ma passion se tait tellement elle enfonce ma vacuité pour que je sois encore et encore plein de toi…

J’aimerais tant m’incruster en toi sans être mis en garde. Je voudrais m’enivrer de toutes les parcelles de ton être…

Me rompre à toi…

Rachid Daouani, Ouarzazate en ce jour de grâce de l’Hégire, 1ER Muharram, 1431/ 18 décembre 2009

 

 

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15.12.2009

Fragment XXXXXXXXXXIII

 

Fatma !

Envahis ma vacuité ! Remplis là de ta présence

Ma récente fragilité et ma récente prolixité viennent du bonheur que je vis. Bonheur d’antan retrouvé. Je me sens en même temps très vulnérable devant tous les éléments de la nature. Surtout le vent. Ce vent froid et glacial d’Ouarzazate au mois de décembre…

Hôtel La palmeraie. Vieille bâtisse en forme de  village touristique construit à l’ancienne. Style architecturale et décoration purement marocaine. Bien de chez nous. De ce Sud si cher et lieu de tous les rêves…

J’aurais aimé que tu sois là. Là j’y vis. Là je  mange. Là je bois… et surtout j’y écris. J’y écris avec cette frénésie involontaire de vouloir dire tout. Tout dire pour que rien ne m’échappe. Tout te raconter. Il m’arrive de commettre deux ou trois textes. J’en garde quelques uns pour moi. Pour les jours de disette poétique…

Mon bonheur !

Oui mon bonheur que je voudrais tellement appréhender de toi et avec toi. Avec ta présence …Oui je voudrais de tout mon être le saisir dans tous les futurs possibles…

A l’encontre de ce que tu peux penser de ma dernière lettre

J’estime que nous sommes différents. Le corps. Parler du corps et du désir. Deux choses sine qua none et inhérentes à cette fusion. Ton éloignement involontaire me fait défaut. Mais cette différence fait que nous nous complétons….

Je sais que je ne suis pas facile.

Je suis comme le désert d’apparence tranquille. Il te faudra des fois en affronter les dunes envahissantes entourant ta caravane avec cette force imprévisible de vouloir t’entourer. T’étreindre. T’emporter. Mais aussi être sur ta trace. Te suivre…

Tu semble inquiète et des fois très suspicieuse et tu as raison Fatma. Tu as raison parce que rien ni personne dans ce monde ne relève de l’acquis. C’est le règne de l’imprévu et de l’imprévisible…Il faut à chaque instant combattre pour conquérir et reconquérir ce qui semble notre…

Je vis ma vie perdue à toujours perdre. La plupart du temps sans préavis aucun. Malédiction ou bénédiction. Vas le savoir ! En tout cas je ne pense ni à mal, ni à bien. Je ne pense même pas. Je laisse venir…

L’amour est ma destinée.

Mais cette rupture violente dans le fin fil de soie de ma vie persiste et signe…

Mais tu es là. Je n’ai pas peur. Tu es là  et je voudrais appréhender ce bonheur avec ou sans sécurité….

Envahis ma vacuité. Remplis là de ta présence. Tu ne risques pas de trop me peser. J’ai besoin de cette invasion. Qu’elle soit consistance !

Tant que nous sommes assoiffés l’un de l’autre. Tant que nous sommes affamés l’un de l’autre. Je ne veux plus me dévorer de toutes les incertitudes. Je ne veux plus me voir dépérir ….

Rachid Daouani, Ouarzazate, le 15 décembre 2009

 

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13.12.2009

Fragment XXXXXXXXXXII

 

 

Le rimailleur en flagrants délires !

Fatma ! Je délire et je te le dis

Nos dires nous enivrent. Nous nous en sommes soulés depuis des siècles…

Nous voilà au pied du mur. Nous voilà devant le fait pas encore accompli. Ce n’est pas encore fait.

Nos mots, nos dires citadelle et remparts illusoires contre les assauts de notre désir. Jusqu’à quelle mesure pourrions-nous tenir le siège ? L’abstinence est énorme. Lourde. Pesante.

Il y a longtemps. Le temps de ton absence. Le temps où il y  avait de toi  que l’idée. En ce temps je t’avais parlé de notre amour à l’insu du texte sacré. Ah ce sacré texte profane ! (cf. I et II). Je voulais te dire que, quand tu n’étais pas là Fatma, tu étais le fruit défendu, prohibé. Tu es ce fruit dont la symbolique, chair ou âme, réveille, attise, et brule l’envie et la convoitise de mes lèvres que tu aimes tant. Mes lèvres je commence à les aimer par ton amour. Elles seules savent malgré mes sourires l’avidité des dents du mâle qui habite en moi. Je n’y peux rien. Je suis mâle et pas uniquement diseur de mots. Mon mal est ma culture et ma raison. Je te dis non avec la raison. Je te dis oui en silence…

J’ancre mon regard à tes pupilles à la fois bleues et noisette. Orientales ou occidentales. Vas le savoir  rimailleur du non sens !

J’ancre/encre mon regard au tien pour augmenter mon désir et le tien. Pour tenter la tentation. Etat entre deux où l’acte jubilatoire… L’ultime… Aura ou n’aura pas lieu.

Quand je ferme mes paupières mes pupilles sentent tes doigts. Ma peau tressaille à tes moindres touchers. L’ivoire de ta peau, le brun de tes cheveux parcourent et traversent  mon corps dans tous les sens…

Tous me dictent tes angoisses. Ils me psalmodient ton appréhension…

Je vois tes lèvres qui saisissent les miennes. Mine de rien elles me chantent ton envie de moi. Ecrivent en moi avec leur chaleur et leur souplesse ton avidité de moi. Je suis happé. Aspiré. Je ne vois, pense et agis qu’avec ma bouche…

A mon tour je psalmodie et égrène sur le parvis de tes lèvres d’agréables spasmes. Intenses. Lents…ils croissent à force…étayent les canaux de tes désirs…tes cavités s’ouvrent, tes proéminences se dressent à vue…

Le feu nous atteint

 Proéminence mienne…

J’attends ta bénédiction…

Rachid Daouani, Ouarzazate, le 12/13 Décembre 2009  

 

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12.12.2009

Fragment XXXXXXXXXXI

Du désert …je te dis…Fatma !

Captif de ton regard
Avide de tes tendres
Pensées
En attente
Envahi par la chaleur
De ton être
Je suis
La bougie qui
Se consume
Je suis
L’horloge solaire
Tu es
Le soleil
Origine de mes ombres
Au désert
Indépendant
Bohémien
Je suis
Sablier
Errant
je suis
Secondes irrégulières
Je suis
Minutes incalculables
Je suis
L’anti-temps
Je suis
Géographies insolites
Je suis
Corps avide
De tes caresses
Je suis
Peau habillée
Des empreintes
Du passé
Du présent
Je suis
Tête trouée
Je suis
Être fêlé
Je suis
Cœur assoiffé
De résonnances
Dés le premier regard
De l’été porteur
D’espoir
Je me noie
Dans tes pupilles
Fatma
Du désert
De la nuit
Je te dis
De FAtma
Je commence à ETRE
….
Rachid Daouani, Ouarzazate, le 12/12/2009

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10.12.2009

Fragment XXXXXXXXXX

 

Enfin je suis...J'y suis et j'y reste!

Dans toutes les fins j'existe Fatma! Dans cette vie je pensais avoir atteint le bonheur. Je pensais avoir réalisé mes rêves. Je pensais être...Je sais que non FAtma!...

T'avoir rencontrée...Toi. Ma vie. Je suis entrain de l'apprendre avec toi. Ma richesse, je suis entrain de l'acquérir depuis que je te connais. C’est étrange. C’est fou. On se l'est dit. Pourtant c’est la réalité...

Je sais, FAtma que, depuis que nos chemins se sont croisés, sans l'avoir cherché ni voulu, ma seule et unique richesse est la terre et l'espace, les dunes et les grains de sable. Les oliviers et les orangers du Moyen Atlas, les vents d'Essaouira, les aubes de Tassamet, les crépuscules de Sidi Abderrahmane, le froid d’Ouarzazate...et surtout cette envie d'être. Cette envie de vivre. L'amour. L'amour de la vie qui m'envahit de toute part. La joie d'exister. La joie de pouvoir...

Je suis plein de toi FAtma. Je suis heureux d'être un homme. Je suis heureux d'être un mâle. Que c'est joyeux et beau de l'être en ta présence. Que c’est rassurant et réconfortant d'être dans cette joie de l'être. L’être rien que par ta présence.

Après avoir tout arrêté depuis presque six ans mon être a envie de bonheur. J’ai envie de vivre. J’ai envie de tout avoir. J’ai envie de tout acquérir, prendre et surtout partager. Oui. Fatma, comme je te l'avais bien dit précédemment je n'attendais plus rien et ne demande rien. Je ne demande rien à l'à venir. Ce qui est futur est à-venir. Lui-même il ne sait pas qu'il l'est ni quand est ce qu'il va advenir....Comme nous nous le sommes dit: c'est étrange. C'est fou. C'est différent. C’est intense. Cela ne ressemble à rien puisque c’est unique et exceptionnel. Oui exceptionnel. Exceptionnel de vouloir vivre ce qui s'impose à nous sans penser ni croire en l'à-venir ni à demain pour ne pas ou ne plus souffrir. Sans avoir mal. Sans se constituer une carapace de défense. Sans se voir comme une éventuelle victime. Je ne veux pas faire mal. Je ne veux plus avoir mal....

Je veux te vivre FAtma. Je  veux Etre Avec Toi FAtma.
FAtma ma vie! Fatma avec et en qui j'existe.

Rachid Daouani, Ouarzazate, le 9/10 Décembre 2009

 

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07.12.2009

Fragment XXXXXXXXXIX

Lettre XXX

FAtma !

A moi tu es venu

A moi tu es venu sans préavis. Au milieu de cette fête de l'image tu restes unique dans mon regard. Tu étais là. Unique. Tu étais là je ne le savais pas. A moi tu es venu comme une revanche sur le temps. Tu es la fête de la vie...

Je te voyais sans distinguer ton visage. Je t'écoutais sans connaître ta voix. A moi tu es venu et tu t'es gravée dans toutes mes mémoires. Ta tendresse m'envahit. S'incruste dans mes pores. Tu es venu à moi. La foule est là. Tu es l'unique. Tu es l'exception...

Tu es venu à moi. je ne peux pas te dire que je t'aime. tellement le mot est insignifiant. Tu es venu à moi sans que je le sache. Sans que je m'en rends compte. J'ai envie d'aller plus loin que ce "je t'aime". Mais toi tu t'en défends pour que je n'aille pas au-delà... Tu ne peux pourtant endiguer la force volcanique et torrentielle de mes sentiments...

Tu es venu à moi et je ne te dirais pas je t'aime. Non. Je l'écrirais en toi. Je m'écrirais en toi avec toutes les langues de mon corps et de mon coeur. Tu es ma terre FAtma et tu regorgeras de ma pluie jsuq'à l'abondance...

Tu es venu à moi. Tu me fais homme. Je te fais femme.

de nous deux naîtra la plénitude à laquelle nous nous livrerons.

Rachid Daouani

Marrakech le 7 Décembre 2009,  3h 45

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03.12.2009

Fragment XXXXXXXXXVIII

 

 

Lettre XXIX

Ne t'en fais pas pour moi FAtma

Je te dis la certitude émanant de moi et de toi.

Tu habites ma pensée qui ne te quitte pas.

Je voudrais que ma présence te couvre et te blinde contre toutes les agressions ou blessures qui peuvent t'atteindre de l'extérieur ou même de moi. Il se peut que je te fasse mal sans le vouloir mais à force de t'aimer.

Ne t'en fais pas pour moi;

J'ai eu confiance en l'avenir. Je me suis trompé. Le coup a été très dur et la leçon cruelle. Ma blessure est plus profonde que je ne le pensais ou l'imaginais. Je sais qu'elle ne risque pas  de se cicatriser de sitôt.

Ne t'en fais pas pour moi.

Ta confiance est la bienvenue. Je l'accueille à bras ouverts. Mais moi-même je me suis décider à ne plus compter sur l'à venir. Je ne jure de rien sauf du moment présent que nous vivons ou pouvons vivre. J’aimerais fixer le temps dans ce moment présent. Ne pas penser au futur. Tiens! Je me rends-compte que dans le mot "futur" il y a le mot "mort" représenté par "fut" du passé simple et pourtant si complexe; et aussi le mot "tu" et le "rrrrr" le râle de la mort...."Fu tu rrrrrr"

Ne t'en fais pas pour moi.

Tu n'y es pour rien dans ma souffrance. Tu n'as rien à voir avec ma fêlure. Je l'assume tant bien que mal depuis que les cieux se sont écroulés sur ma tête. J'ai payé le prix fort et cher d'avoir été trop efficace. C’est le tribut de...

Ne t'en fais pas pour moi.

J’ai appris à mesurer mes mots. J’ai appris à ne dire que juste ce qu'il faut. Je m'aventure avec la peur dans les tripes à t'aimer. Oui. Je t'aime FAtma. Je n'hésite pas à te le dire. C’est une fragilité par les temps qui courent. Mais à l'encontre de tout ce que l'on peut penser, dire et faire: L'amour est ma force. L’amour est ma teneur. L’amour est ma consistance. L’amour est ma destinée.

Ne t'en fais pas pour moi.

Me fêlure, celle qui me sillonne intérieurement tu n'en est pas responsable. Elle trouve son origine dans le sentiment que j'ai pour toi.

FAtma!

Je peux encore me brûler les ailes à force de vouloir m'approcher du soleil. Je retombe sur mes pieds, non sans peine. Mais mes ailes renaissent de leurs cendres. Je les redéploierais avec la même fierté et le même orgueil.

J'espère que maintenant tu sais quelque peu ce que je suis. J'aimerais que tu sache que je n'ai rien à prouver dans l'avenir. Non que je ne le veuille pas L'avenir est à venir et je ne sais de quoi il est fait. Le présent et mon sentiment présent sont la seule chose dont je suis certain.

FAtma!

Que cette certitude te donne la force et te libérer de la peur et de tes angoisses. Que cette certitude puisse te permettre d'aller jusqu'aux confins de ton être.

L'éternité est la somme des moments présents.

L’éternité est une urne énigmatique.

FAtma ! Tu es la clé absolue.

FAtma! Tu en es la clef magique!

Rachid Daouani le 1/2 Décembre 2009

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28.11.2009

Fragùent XXXXXXXXXVIII

Lettre XXVII
En ce jour de l’Adha je t’écris Fatma

Le brouhaha de la Grande Fête, comme on le dit bien chez-nous, m’envahit de toutes parts. Le tumulte des va-et-vient est à la fois étrange et familier en cette occasion. L’odeur des moutons. Les cris des enfants. Les bouchers ambulants de la dernière heure. Les jeunes qui se transforment à l’occasion en transporteurs, allumeurs de feux ou aides-boucher et autres. Les prieurs occasionnels qui ne se cachent pas d’exhiber leur foi. Tous vaquent à leurs occupations. Les moutons bêlent gaiment en attendant leur tour pour passer sous la main et le couteau du maitre boucher…
L’Aïd El Kebir. Al Adha. La Fête du sacrifice. La joie des enfants et le jour où l’appât du gain explique et légitime tous les mouvements et motive toutes les attentes…
J’ai quitté les lieux du quartier où le chaos est seul maitre à bord. J’ai quitté. Vers la côte atlantique. J’ai quitté pour échapper à cette ambiance faussement festive. J’en garde de très mauvais souvenirs depuis ma petite enfance. Depuis la mort de mon père on n’avait presque pas ou jamais les moyens pour sacrifier un mouton… ceci est une histoire que j’aimerais un jour te raconter dans ses plus minimes détails…
J’ai quitté le quartier. J’ai quitté en même temps mes souvenirs pour venir te voir. Te voir et me retrouver avec moi-même. Me retrouver avec toi. Bizarrement je n’ai pas cette impatience que j’ai toujours eue quand j’allais à la rencontre pour la première fois des femmes que j’ai déjà connues. La nuit dernière j’ai entendu ta voix. Ta vraie voix qui me venait d’un ailleurs lointain et pourtant si familier et si proche. Ta vraie voix sans simulacre ni artifice. Tes rires cachaient une agréable timidité qui laisse transparaitre la force de ton désir de me connaitre plus. Tes rires cachaient peut-être une sorte de nervosité à vouloir me connaitre et en même temps à ne pas trop vouloir pousser plus loin cette envie…
Sans le vouloir et je ne sais pour quelle raison je me trouve à faire le trajet à pieds. Je m’aventure dans la ville de Casablanca. J’accepte ces cicatrices, son brouhaha et son tumulte. J’accepte les odeurs et les bruits relatifs au sacrifice salvateur de notre humanité dirait-on. J’accepte et reçois sans aucune appréhension pour marquer dans le temps les souvenances à venir la force du désir que j’aie pour toi…
Je te désire. Oui. Toi Fatma.
Toi mon désir. Toi mon ravissement ;
Comment te le dire ? Comment te le raconter ?
Je vis ma blanche cité, Casablanca, le jour de l’Adha, à travers toi. Toi fatma. Cette ville je l’ai beaucoup vécue quand je déambulais les soirs pour aller sur la côte Atlantique. Là, en ce jour de fête je comprends qu’il ya d’autres visages de cette cité dont les grandes artères et les quartiers huppés sont déserts. Je me rends compte que Casablanca a une géographie autre, insolite où le sublime et l’étrangeté se mêlent sans complexe aucun…
J’avais besoin d’avoir ce bain de foule hétéroclite et insensée où les djellabas blanches des prieurs, la délicieuse fumée des brochettes, les odeurs des peaux de l’espèce ovine qui a gracieusement, injustement et bêtement pris notre place pour le sacrifice, les cris des enfants entrain de se frotter les mains pour jouer à la dinette…
J’ai vite pris ma dose et vite rejoins la côte…
J’ai retrouvé un semblant d’humanité et mon appartenance dans les rues de Casablanca.
La plage d’Ain Diab est déserte. L’odeur iodée de l’eau de mer me chatouille les narines.
Je suis venue te rejoindre. Te regarder à travers l’écran des reflets des vagues.
La ville me blesse. J’en ai perdu l’habitude et la pratique. La ville me nourrit. Toi FAtma tu me ravis. Tu m’enchantes. Je n’ai pas choisis. Je n’avais pas à choisir. C’est venu tout seul. A travers les siècles et toutes les hésitations. J’avoue que j’aime La FEMME dans toute sa force et sa fragilité. Je l’aime depuis l’aube des temps. Toi Fatma je ne t’aime pas. Le mot est en deçà de ce que je voudrais te dire. Comme je t’avais dit dans l’une de mes précédentes lettres, je voudrais créer avec toi le mot pour le dire. Je ne t’aime pas car ce mot n’assouvis en rien ce que je sens et veux dire.
Voilà ce que je voudrais te dire mais je ne trouve pas le mot. Il n’existe pas encore. Voilà :
Je voudrais couler dans tes veines comme le nectar de Bacchus. Je voudrais être la chair, pain ou autre que tes dents mâchent. Je voudrais envahir les moindres parcelles de ton être, de ton âme, de ta chair de ton sang…
Je ne veux pas te posséder ni te déposséder ni que tu me possèdes. Je veux que nous soyons une appartenance l’un pour l’autre. Une appartenance dans l’intensité et l’indépendance.
Au-delà de la ville et tout son tumulte. Au-delà de la côte atlantique et l’odeur iodées des vagues qui s’abattent sur les rochers de Sidi Abderrahmane mon corps est agréablement fatigué à force de marcher. Par ce bain de foule et la plage déserte en ce jour de L’Adha mon corps est comme régénéré par tant d’émotions et de désir…
Rachid Daouani, Casablanca en ce jour de La Grande Fête le 28 Novembre 2009
PS Lettre inachevée

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26.11.2009

Fragment XXXXXXXXXVII

Lettre XXVI

Je prendrai la main de Fatma. je prendrai la main du vent

Fatma!

Je parle. Je me parle.Je parle à mon double qui m'avait quitté une première fois le 26 Novembre 2008. Je parle. Il m'avait rejoint  tant bien que mal. Il me quitta une deuxième fois en Mai 2009. Il m'a nargué dans le désert des M'Hamid et Zagora. Je lui ai parlé. Parlé de toi. Toi. Fatma. Il ne te connaissait pas. Moi non plus d'ailleurs. Tu n'avais pas ce nom. Tu étais un puzzle à reconstituer. Mais je te savais . Je te sentais. Tu me cherchais. Je t'attendais ai-je dis. Oui je t'attendais sur les dune de mon coeur. Je t'attendais avec des effritements sur mes pieds. Je t'attendais. Tu étais à venir. Tu étais mon avenir. Tu es mon présent. première

Là,. Maintenant. Je parle à mon double.Je le défie de saisir la main du vent. Bise. Brise. Chergui. Mistral. Qu'importe! pourvu qu'il la saisisse. Je le défie . je l'implore à se laisser emporter et transporter aux fines méandres de la passion. Je  lui parle. A travers toi Fatma. Je m'obstine à lui faire comprendre qu'il doit se laisser étreindre par la vie. Celle que tu lui offres. De mille manières je le pousse à étreindre la vie de toutes ses forces à lui. La vie. La vie en attente d'être aimé. La vie en attente d'aimer. Je lui parle de ton amour Fatma!.Ta vie d'amour. Toi l'amour. Toi. Fatma. La vie.

Fatma!

Entends bien ce que je dis à mon double:

Mon cher double. Toi qui a eu le courage de me quitter à trois reprises. Toi le rebel. Toi le bohémien. Toi l'intrépide chevalier bérbére? Tête brulée. Âme sensible. Toi mon double. Je sais que tu es blessé. je sais que tu a été écorché vif. Je sais que les cieux se sont écroulés sur ta tête. Je sais que depuis ces dates ta tête est comme une passoire par où les idées entrent et sortent à leur gré comme un courant d'air. Je sais tout celà. je l'ai vécu avec toi. Mais.

Prends la main du vent . Prends la main de Fatma !

Tu seras transporté plus loin que toi-même. Tu seras, mon cher double au delà de ton é-cri-tu rrrreeee! et toute ta souffrance.

Fatma t'offre la vie. Ne la refuse pas. Ne crains plus le mal mon cher double...

Ma Fatma!

Sais-tu que mon double a déja connu la mort? Sais tu qu'ill a rencontré la mort? En ta présence et grâce à ce que tu es je lui dis que s'il a à mourir ca ne doit pas être par capitulation à la maladie de la mort et de l'amour. Mais. Mourir d'avoir vécu Fatma! 

Fatma!

Je sais que mon double a déja pris ta main et celle du vent. Comme un marin il tangue et tanguera à la dérive des passions, écoutera le chant des sirénes, anges ou démons. je sais aussi qu'il sera ballotté par l'ivresse, la joie de l'espoir. je sais que mon double , mon cher double, connaîtra ton étreinte Fatma!. Il se heurtera à tout ce qu'il aime en toi et en la vie. Fatma! Clé magique. Clé absolue. Tu es la jarre antique d'où mon double puisera son désir de vivre. Tu léchera ses plaies. Tu l'aidera à redresser le cou. Regarder l'horizon à venir. Défier les aléas du temps. En sortir. Lui échapper. Et vivre hors là, de ce temps...

Fatma! Muse des muses. Prends la main de mon double. Rejoignez moi.

 Prenons la main du vent.

Ouvrons les bras au renouveau!

Rachid Daouani, Casablanca, le 25 /26 Novembre 2009

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19.11.2009

Fragment XXXXXXXXXVI

En hommage à toutes les femmes

Lettre XXV

Fatma

Femme de mon cœur,

Je ne cesse pas de naître, ai-je dis dans une précédente lettre. Ce sentiment ne cesse à son tour de s'imposer à moi depuis que tu as nommé ce que je croyais innommable...

Avec toi Fatma, j'aimerais créer le mot qui n'existe pas. Le mot pour dire au-delà des choses. Dire l'impossibilité et l'infini du dire. L'infini de naître. L’infini de mourir. L'infini de la répétition. Sans fin ni commencement. Avec toi Fatma je suis en de/deux venir.

Avec toi Fatma je retrouve cette nuée de sensations que j'ai toujours rêvées de vivre dans leur totalité. Elles envahissent tout mon être dés que j'entends ta voix.  Elles explosent dans chaque coin et recoin de mon corps dés que derrière mes paupières se profile ton visage. Quand je te lis c’est tout mon être qui se fragmente en une infinité de morceaux qui ne pensent, ne respirent, ne vivent que de toi et pour toi.

Avec toi Fatma, clé de mon énigme, je retrouve cette sensation tant décrite dans les textes sacrés et profanes. La chute. La chute avec le cri d'avant le cri. Le cri du commencement...le cri où mourir, souffrir et jouir se mêlent dans c et état duquel je voudrais créer le mot.

J'ai vu la mort. Je sais la mort. J’ai vécu les mort/sures. J’en garde les traces dans mon cœur et sur mon corps. Mon écriture est la somme de tous les cris qui en découlent. Elles me l'ont enseigné toutes les femmes que j'ai connues avant toi Fatma. Elles ont été à l'origine de ma naissance. A l'origine de ma mort.  Source de ma souffrance et de ma jouissance. Toi Fatma tu es ma vie. Toi. Mon à venir. Fatma mon éternité.

Je voudrais, ici, leur prouver ma gratitude pour m'avoir donné la force de chercher le mot manquant. Je ne voudrais en aucune façon les renier. Je n'en dénigre aucune. Toutes ont écrit d'une encre indélébile dans mon parchemin que j'offre à ton regard.

Je suis issu du désir d'une femme. Et toutes les femmes qui lui ont succédé et dans les bras desquelles mon corps et mon cœur ont été sculpté m'ont appris chacune à sa manière à aller aux méandres de mes mémoires passées, présentes et même à venir pour te chercher toi fatma... en toi Fatma je retrouve une parcelle de la perfection de chacune d'entre elles.

Elles m'ont appris, ne pensant ni à mal ni à bien, les affres. Les angoisses continuelles de l'abandon. La douleur. La solitude. L'attente...la maladie de la mort. La maladie de l'amour. La chute. L'abîme. J'ai survécu. Je n'ai pas cessé de naître. Je les ai vécues. Je vis. Tu es ma vie.

Ma vie

Toi

Fatma

Femme de mon cœur

Rachid Daouani, Béni Mellal, le 19 Novembre 2009, entre 5h et 6h30 

 

 

11:47 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (36) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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