31.08.2009

Fragment XXXXXXXXV

Lettre XIV

Il y a cinq jours après t'avoir écrit ma dernière lettre j'ai marché le long de la côte atlantique. J'ai marché. J’ai beaucoup marché. Je pensais à toi. A nous. Je t'ai imaginé à côté de moi. Nous marchions côte à côte sur le sable d'Aïn Diab avant la rupture du jeûne. Je regardais ta nuque satinée du côté de l'oreille droite. Je voyais comme tu étais désirable. Désirée; Oui, tu es désirée. Nous marchions. Pieds nus nous foulions le sable mouillé. De temps à autre nos mains s'effleuraient et cela me donnait une agréable sensation qui te rendait encore plus désirable. Nous  parlions si peu tellement le silence parlait pour nous. Nos voix internes se révélaient, mutuellement en écho, les secrets de nos envies, nos attentes et nos rêves. Nos ombres dansaient pour nous un magnifique tango. Tantôt sur les débris des lames qui se retiraient sous nos pieds et que le crépuscule rendaient plus argentées que d'habitude. Tantôt sur le sable mouillé qui se languissait sous nos pieds comme un lit venant d'être quitté par des amants heureux...

L'appel du muezzin de la Grande Mosquée de Casablanca finit par interrompre les matchs de foot qui se jouaient allégrement sur le sable d’Ain Diabi. Je fus aussi retiré de ma rêverie et du coup de ma marche...En rentrant, j'ai décidé d'aller à Essaouira...

Essaouira. Août 2008. Le ciel s'est écroulé sur ma tête.

Essaouira. Août 2009. Ramadan. Le ciel s'est encore écroulé sur ma tête. Me traversa dans la verticale. J'en ai ramassé les débris que j'ai recollés. J’ai remis le ciel à sa place. Bruxelles est encore là mais sa présence est devenue infime devant tous les espaces que tu pourras occuper. Toi. Ma muse. Je te vois. Je ne vois que toi. Au delà des océans. L'Atlantique est le même à Casablanca et à Essaouira. Je marche sur le sable doux et doré. Le Golf Stream me ramène ton écho. Me brosse ta magnifique silhouette et me fait écouter ta superbe voix que t dis pas faite pour le chant...

J'ai marché hier. J’ai marché aujourd'hui. Le ciel et mon ombre me suivent partout. Ils ne se lassent pas de me faire le pas. J'ai l'impression qu'ils guettent la moindre occasion. Le ciel aimerait encore s'écrouler sur ma tête. Mon ombre voudrait, par jalousie, rendre opaque toute ma transparence...Heureusement que tu es là. Là-bas. Toi. Ma muse outre-Atlantique. Tu m'inspires. Oui. A Essaouira je te désire. Je t'écris. Je rêve de toi à Essaouira. Je veux te rendre heureuse par l'écrit en attendant qu'on se rejoigne. Ici. L'Atlantique. Casablanca ma ville, mon arche volante. Essaouira mon gîte dont le sable garde la trace de ma mort. Les germes de ma renaissance…

Rachid Daouani, Essaouira, La nuit du 29/30 Août 2009-08-30 Correspondance imaginée entre un rimailleur et la muse de Kaiss.

A suivre…

© Rachid Daouani (Dépôt SGDL 08/2009)

00:23 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Fragment XXXXXXXXIV

Lettre XIII

A la muse de Kaiss

De ce pays que tu as quitté tu fais partie. Tu lui appartiens et il est tien. Casablanca te réclame à cette heure de la nuit. Sur la corniche s’épanouit malgré ton absence le baume de ta chevelure mêlé aux arômes iodés de l’atlantique. Personne dans la foule hétéroclite et joyeuse tout parfums mêlés ne peut obstruer mes narines pour sentir ton doux nectar, ni d’apprécier la superbe de ton sourire… J’aimerais te dire muse d’anatan et d’aujourd’hui que Le Fiori garde un sublime souvenir de ta présence et les friandises, « chabakia » et « cornes de gazelles » et autres du quartier Des Habous n’attendent que ton retour pour apprécier ton superbe accent… Quand à mon silence je ne sais s’il est grandeur ou malaise. Je sais que ce n’est pas une démission. Je sais aussi que malgré les rictus de sourires forcés les zones d’ombre et de solitude persistent à dire la véracité des douleurs acquises qui s’y impriment et s’y énoncent. Je sais qu’on n’a pas une once de doute des dires de quelqu’un qui a été sujet aux affres de la trahison, de la perfidie, de la torture et des angoisses continuelles du doute…. Je sais aussi qu’on ne peut douter non plus d’un amour naissant ou à venir. Suis-je l’ombre ? Suis-je la proie ? Tant de questions s’imposent à moi alors que la vie avec tous ses bonheurs me sourit autrement. Dois-je reprendre mes lignes de fuite au lieu de fixer ma destinée à un événement et à un être abject, ignoble ?...là je sais que je ne sais pas….j’avoue mon ignorance… Je voudrais aussi te dire que, même dans l’absence, ta présence est salutaire pour moi et très chère à mon âme… A suivre

Rachid Daouani , Casablanca Août 2009 Correspondance imaginaire entre un rimailleur et la Muse de kaiss

© Rachid Daouani (Dépôt SGDL 08/2009)

00:19 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook