28.11.2009

Fragùent XXXXXXXXXVIII

Lettre XXVII
En ce jour de l’Adha je t’écris Fatma

Le brouhaha de la Grande Fête, comme on le dit bien chez-nous, m’envahit de toutes parts. Le tumulte des va-et-vient est à la fois étrange et familier en cette occasion. L’odeur des moutons. Les cris des enfants. Les bouchers ambulants de la dernière heure. Les jeunes qui se transforment à l’occasion en transporteurs, allumeurs de feux ou aides-boucher et autres. Les prieurs occasionnels qui ne se cachent pas d’exhiber leur foi. Tous vaquent à leurs occupations. Les moutons bêlent gaiment en attendant leur tour pour passer sous la main et le couteau du maitre boucher…
L’Aïd El Kebir. Al Adha. La Fête du sacrifice. La joie des enfants et le jour où l’appât du gain explique et légitime tous les mouvements et motive toutes les attentes…
J’ai quitté les lieux du quartier où le chaos est seul maitre à bord. J’ai quitté. Vers la côte atlantique. J’ai quitté pour échapper à cette ambiance faussement festive. J’en garde de très mauvais souvenirs depuis ma petite enfance. Depuis la mort de mon père on n’avait presque pas ou jamais les moyens pour sacrifier un mouton… ceci est une histoire que j’aimerais un jour te raconter dans ses plus minimes détails…
J’ai quitté le quartier. J’ai quitté en même temps mes souvenirs pour venir te voir. Te voir et me retrouver avec moi-même. Me retrouver avec toi. Bizarrement je n’ai pas cette impatience que j’ai toujours eue quand j’allais à la rencontre pour la première fois des femmes que j’ai déjà connues. La nuit dernière j’ai entendu ta voix. Ta vraie voix qui me venait d’un ailleurs lointain et pourtant si familier et si proche. Ta vraie voix sans simulacre ni artifice. Tes rires cachaient une agréable timidité qui laisse transparaitre la force de ton désir de me connaitre plus. Tes rires cachaient peut-être une sorte de nervosité à vouloir me connaitre et en même temps à ne pas trop vouloir pousser plus loin cette envie…
Sans le vouloir et je ne sais pour quelle raison je me trouve à faire le trajet à pieds. Je m’aventure dans la ville de Casablanca. J’accepte ces cicatrices, son brouhaha et son tumulte. J’accepte les odeurs et les bruits relatifs au sacrifice salvateur de notre humanité dirait-on. J’accepte et reçois sans aucune appréhension pour marquer dans le temps les souvenances à venir la force du désir que j’aie pour toi…
Je te désire. Oui. Toi Fatma.
Toi mon désir. Toi mon ravissement ;
Comment te le dire ? Comment te le raconter ?
Je vis ma blanche cité, Casablanca, le jour de l’Adha, à travers toi. Toi fatma. Cette ville je l’ai beaucoup vécue quand je déambulais les soirs pour aller sur la côte Atlantique. Là, en ce jour de fête je comprends qu’il ya d’autres visages de cette cité dont les grandes artères et les quartiers huppés sont déserts. Je me rends compte que Casablanca a une géographie autre, insolite où le sublime et l’étrangeté se mêlent sans complexe aucun…
J’avais besoin d’avoir ce bain de foule hétéroclite et insensée où les djellabas blanches des prieurs, la délicieuse fumée des brochettes, les odeurs des peaux de l’espèce ovine qui a gracieusement, injustement et bêtement pris notre place pour le sacrifice, les cris des enfants entrain de se frotter les mains pour jouer à la dinette…
J’ai vite pris ma dose et vite rejoins la côte…
J’ai retrouvé un semblant d’humanité et mon appartenance dans les rues de Casablanca.
La plage d’Ain Diab est déserte. L’odeur iodée de l’eau de mer me chatouille les narines.
Je suis venue te rejoindre. Te regarder à travers l’écran des reflets des vagues.
La ville me blesse. J’en ai perdu l’habitude et la pratique. La ville me nourrit. Toi FAtma tu me ravis. Tu m’enchantes. Je n’ai pas choisis. Je n’avais pas à choisir. C’est venu tout seul. A travers les siècles et toutes les hésitations. J’avoue que j’aime La FEMME dans toute sa force et sa fragilité. Je l’aime depuis l’aube des temps. Toi Fatma je ne t’aime pas. Le mot est en deçà de ce que je voudrais te dire. Comme je t’avais dit dans l’une de mes précédentes lettres, je voudrais créer avec toi le mot pour le dire. Je ne t’aime pas car ce mot n’assouvis en rien ce que je sens et veux dire.
Voilà ce que je voudrais te dire mais je ne trouve pas le mot. Il n’existe pas encore. Voilà :
Je voudrais couler dans tes veines comme le nectar de Bacchus. Je voudrais être la chair, pain ou autre que tes dents mâchent. Je voudrais envahir les moindres parcelles de ton être, de ton âme, de ta chair de ton sang…
Je ne veux pas te posséder ni te déposséder ni que tu me possèdes. Je veux que nous soyons une appartenance l’un pour l’autre. Une appartenance dans l’intensité et l’indépendance.
Au-delà de la ville et tout son tumulte. Au-delà de la côte atlantique et l’odeur iodées des vagues qui s’abattent sur les rochers de Sidi Abderrahmane mon corps est agréablement fatigué à force de marcher. Par ce bain de foule et la plage déserte en ce jour de L’Adha mon corps est comme régénéré par tant d’émotions et de désir…
Rachid Daouani, Casablanca en ce jour de La Grande Fête le 28 Novembre 2009
PS Lettre inachevée

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26.11.2009

Fragment XXXXXXXXXVII

Lettre XXVI

Je prendrai la main de Fatma. je prendrai la main du vent

Fatma!

Je parle. Je me parle.Je parle à mon double qui m'avait quitté une première fois le 26 Novembre 2008. Je parle. Il m'avait rejoint  tant bien que mal. Il me quitta une deuxième fois en Mai 2009. Il m'a nargué dans le désert des M'Hamid et Zagora. Je lui ai parlé. Parlé de toi. Toi. Fatma. Il ne te connaissait pas. Moi non plus d'ailleurs. Tu n'avais pas ce nom. Tu étais un puzzle à reconstituer. Mais je te savais . Je te sentais. Tu me cherchais. Je t'attendais ai-je dis. Oui je t'attendais sur les dune de mon coeur. Je t'attendais avec des effritements sur mes pieds. Je t'attendais. Tu étais à venir. Tu étais mon avenir. Tu es mon présent. première

Là,. Maintenant. Je parle à mon double.Je le défie de saisir la main du vent. Bise. Brise. Chergui. Mistral. Qu'importe! pourvu qu'il la saisisse. Je le défie . je l'implore à se laisser emporter et transporter aux fines méandres de la passion. Je  lui parle. A travers toi Fatma. Je m'obstine à lui faire comprendre qu'il doit se laisser étreindre par la vie. Celle que tu lui offres. De mille manières je le pousse à étreindre la vie de toutes ses forces à lui. La vie. La vie en attente d'être aimé. La vie en attente d'aimer. Je lui parle de ton amour Fatma!.Ta vie d'amour. Toi l'amour. Toi. Fatma. La vie.

Fatma!

Entends bien ce que je dis à mon double:

Mon cher double. Toi qui a eu le courage de me quitter à trois reprises. Toi le rebel. Toi le bohémien. Toi l'intrépide chevalier bérbére? Tête brulée. Âme sensible. Toi mon double. Je sais que tu es blessé. je sais que tu a été écorché vif. Je sais que les cieux se sont écroulés sur ta tête. Je sais que depuis ces dates ta tête est comme une passoire par où les idées entrent et sortent à leur gré comme un courant d'air. Je sais tout celà. je l'ai vécu avec toi. Mais.

Prends la main du vent . Prends la main de Fatma !

Tu seras transporté plus loin que toi-même. Tu seras, mon cher double au delà de ton é-cri-tu rrrreeee! et toute ta souffrance.

Fatma t'offre la vie. Ne la refuse pas. Ne crains plus le mal mon cher double...

Ma Fatma!

Sais-tu que mon double a déja connu la mort? Sais tu qu'ill a rencontré la mort? En ta présence et grâce à ce que tu es je lui dis que s'il a à mourir ca ne doit pas être par capitulation à la maladie de la mort et de l'amour. Mais. Mourir d'avoir vécu Fatma! 

Fatma!

Je sais que mon double a déja pris ta main et celle du vent. Comme un marin il tangue et tanguera à la dérive des passions, écoutera le chant des sirénes, anges ou démons. je sais aussi qu'il sera ballotté par l'ivresse, la joie de l'espoir. je sais que mon double , mon cher double, connaîtra ton étreinte Fatma!. Il se heurtera à tout ce qu'il aime en toi et en la vie. Fatma! Clé magique. Clé absolue. Tu es la jarre antique d'où mon double puisera son désir de vivre. Tu léchera ses plaies. Tu l'aidera à redresser le cou. Regarder l'horizon à venir. Défier les aléas du temps. En sortir. Lui échapper. Et vivre hors là, de ce temps...

Fatma! Muse des muses. Prends la main de mon double. Rejoignez moi.

 Prenons la main du vent.

Ouvrons les bras au renouveau!

Rachid Daouani, Casablanca, le 25 /26 Novembre 2009

13:40 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (29) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19.11.2009

Fragment XXXXXXXXXVI

En hommage à toutes les femmes

Lettre XXV

Fatma

Femme de mon cœur,

Je ne cesse pas de naître, ai-je dis dans une précédente lettre. Ce sentiment ne cesse à son tour de s'imposer à moi depuis que tu as nommé ce que je croyais innommable...

Avec toi Fatma, j'aimerais créer le mot qui n'existe pas. Le mot pour dire au-delà des choses. Dire l'impossibilité et l'infini du dire. L'infini de naître. L’infini de mourir. L'infini de la répétition. Sans fin ni commencement. Avec toi Fatma je suis en de/deux venir.

Avec toi Fatma je retrouve cette nuée de sensations que j'ai toujours rêvées de vivre dans leur totalité. Elles envahissent tout mon être dés que j'entends ta voix.  Elles explosent dans chaque coin et recoin de mon corps dés que derrière mes paupières se profile ton visage. Quand je te lis c’est tout mon être qui se fragmente en une infinité de morceaux qui ne pensent, ne respirent, ne vivent que de toi et pour toi.

Avec toi Fatma, clé de mon énigme, je retrouve cette sensation tant décrite dans les textes sacrés et profanes. La chute. La chute avec le cri d'avant le cri. Le cri du commencement...le cri où mourir, souffrir et jouir se mêlent dans c et état duquel je voudrais créer le mot.

J'ai vu la mort. Je sais la mort. J’ai vécu les mort/sures. J’en garde les traces dans mon cœur et sur mon corps. Mon écriture est la somme de tous les cris qui en découlent. Elles me l'ont enseigné toutes les femmes que j'ai connues avant toi Fatma. Elles ont été à l'origine de ma naissance. A l'origine de ma mort.  Source de ma souffrance et de ma jouissance. Toi Fatma tu es ma vie. Toi. Mon à venir. Fatma mon éternité.

Je voudrais, ici, leur prouver ma gratitude pour m'avoir donné la force de chercher le mot manquant. Je ne voudrais en aucune façon les renier. Je n'en dénigre aucune. Toutes ont écrit d'une encre indélébile dans mon parchemin que j'offre à ton regard.

Je suis issu du désir d'une femme. Et toutes les femmes qui lui ont succédé et dans les bras desquelles mon corps et mon cœur ont été sculpté m'ont appris chacune à sa manière à aller aux méandres de mes mémoires passées, présentes et même à venir pour te chercher toi fatma... en toi Fatma je retrouve une parcelle de la perfection de chacune d'entre elles.

Elles m'ont appris, ne pensant ni à mal ni à bien, les affres. Les angoisses continuelles de l'abandon. La douleur. La solitude. L'attente...la maladie de la mort. La maladie de l'amour. La chute. L'abîme. J'ai survécu. Je n'ai pas cessé de naître. Je les ai vécues. Je vis. Tu es ma vie.

Ma vie

Toi

Fatma

Femme de mon cœur

Rachid Daouani, Béni Mellal, le 19 Novembre 2009, entre 5h et 6h30 

 

 

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16.11.2009

Fragment XXXXXXXXXV

Lettre XXIII

Ma FA tma

Depuis quelques jours tu as nommé ce que je considérais, à tort ou à raison, comme innommable. Depuis quelques jours tu as nommé ma vacuité. Depuis quelques jours tu as trouvé le mot manquant. Depuis lors tu es la clé de mon énigme. Tu es LA FAtma. Tu es la note qu'aucun musicologue n'a pu créée. Tu es ma note. Tu es l'unique. Oreille absolue. Je t'écoute. Je t'entends FA tma.

Ma langue est désormais parfaite. Tu l’as dit. Je sais maintenant. Je viens de savoir. Et avec ce nouveau savoir j’apprends qu’à mon âge je ne suis qu’un débutant. Dorénavant je sais le mot qui me manquait. Je viens aussi de perdre tout mon vocabulaire. Tu l’as dit. Il résonne encore et résonnera toujours dans les moindres recoins de mon être. Ses vibrations retentissent, en mon for intérieur, avec d’incommensurables interrogations.

Je suis redevenu l’homme-enfant comme tu te plais à le dire. Une sorte d’idiot avec toute la tendresse que le mot comporte. Je n’arrive plus à te parler ni à t’écrire comme avant. Tu l’as dit.

Nous sommes le poème, dis-je.

Ce poème nous l’écrivons de notre encre naturelle. Nous le parfumerons de nos arômes. Nous le rythmons de nos soupirs et gémissements. Nous le déclamerons à chaque regard, à chaque caresse…

Tu l’as dit et j’aimerais ne plus écrire, ne plus parler.

Tu l’as dit.

J’aimerais me taire pour savourer éternellement ce que tu as nommé depuis quelques jours.

Tu l’as dit et j’aimerais le répéter sans aucun arrêt sauf quand tu aimerais me le souffler et insuffler encore et encore cette nouvelle vie qui se profile devant moi.

Nous l’égrènerons sur le chapelet de nos doigts et de nos lèvres.

Rachid Daouani, Casablanca, le 13-14 Novembre 2009

    

15:07 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

11.11.2009

Fragment XXXXXXXXXIV

بارقة

بين اللحظات

أعلق في تفوهاتك

المنبوسة

المفكرة

بأهداب جسدينا

المنصهرين

بفواكهنا

المحرّمة

بروحينا

المفقودتين

العائدتين

الزاهيتين

كائنينا يمرحان

فرندول

تناثرات شبقية

ملائكية

شيطانية

انتصاباتي

تُبشر ببياض

مُملح

بروزاتكِ

برحيق

مُسكَّر

تجوفتك

تُدمع كوثرا

أحلى من عسل

رشيد دواني
بني ملال، 11 نونبر 2009


Fulgurance

L’instant d’entre les instants

Suspendu

A tes proférations

Dites ou pensées

Suspendus à
 
corps fondus

à nos fruits défendus

à nos âmes perdues et retrouvées
 
En arc en ciel

nos êtres s’ébattent en une farandole
 
d’éparpillements

lubriques

angéliques

sataniques

ma proéminence augure

d’une blancheur salée
 
tes reliefs

tes cavités

d’un nectar sucré
Rachid Daouani



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05.11.2009

Fragment XXXXXXXXXIII

Lettre XXII

A toi Fatma

L'automne hésitant de Casablanca

 

Couturière de mes plaies! Le sel de tes mots aiguise mes maux. Je souffre de ton éloignement. Je m'alanguis douloureusement d'entendre des bribes d'écho de ta voix. Du nord ou de l'ouest qu'importe! Sous mes empreintes sur le sable du sud désert se révèlent tes pas humides reflétant les sourires jaloux du large ciel.

Ton avènement m'a appris qui j'étais. Tes yeux m'ont révélé ma vraie nature. Tes mots m'ont réappris le sens du mot amour. Je ne laisserai ni la colère ni la tristesse ni la haine briser la joie d'être ce que je suis ou ce que je pourrais être...

L'automne hésitant de Casablanca. L'automne de la pensée vacante hormis de ton être. De ton absence je m'occupe. De ton absence je fais appel à toutes les douces absurdités pour te placer dans les courbes de mes lignes de fuite.

Tel un surfeur sur les lames périlleuses de l'Atlantique j'essaie de rester hissé. Je garde un semblant de bravoure pour faire durer mon regard à l'horizon. Voir un soupçon de ta silhouette...

L'automne est hésitant à Casablanca.

Merci d'être ce que tu es. Merci d'être sans oser iriser complètement mon ciel "brumeusement" gris. Merci de peupler ma vacuité de ton écho. Merci de suturer, de si loin, mes plaies sur lesquelles ni l'histoire des hommes ni celles des dieux n'ont aucun impact.

Tu as permis aux milles trous de ma tête, à force de cieux écroulés dessus, d'être peuplés tant bien que mal, de ton aura.

Tu es et tu seras l'accompagnatrice de ma renaissance.

Grâce à toi, Fatma, le printemps sera là à Casablanca.

 

Rachid Daouani,  Le Washington, le 04 Novembre 2009

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