29.10.2009
Fragment XXXXXXXXXII
Lettre inachevée
Lettre XXI
A qui de droit
Les mots avec lesquels je te le dis sont ceux de tous les jours. Mais ils ont la teneur et la consistance de mon âme et de mes profondeurs. Mes douleurs. Mes peines. Ma solitude. Ma joie. Ma plénitude. Ma vacuité…
Ce fût une époque récente où j’étais une ombre diffractée. Je fus une ombre en mal d’un regard. Le soupçon d’un regard. Pourtant on me dit, et je le sais, que je ne suis pas de la race des ratés. Ce fût une époque récente. Me revoilà sur pieds. Dans mes veines coule encore le sang de mes fiers aïeux, arabes ou amazighes allez le savoir ! Altiers ils l’étaient. Altier je suis et le serais.
Mes mots sont le rugissement qui se fait entendre depuis des siècles. Le rugissement qui dit non à la résignation. Non à la capitulation. Non à l’absence d’amour. Le temps que cela durera mais advienne que pourra !
Ineffaçable fêlure pourtant. La blessure est là. L’infini des sutures ne saura la colmater. Que les Dieux et les hommes en prennent acte. La vie est finie. La vie continue. J’en suis désolé. Je le serai encore et toujours. L’inévitable est là. Il ne s’effacera pas. C’est gravé et incrusté dans toutes mes mémoires. Il faudrait que j’apprenne à vivre avec.
Passons à autre chose.
Abra et ma Rime sont là.
Fatma, la muse, est là.
La main de la providence.
Incapable de rester uni au rien qui n’engendre que le Rien…je suis en quête.
Il y a quelques jours j’ai eu une révélation. Un rêve peut être. Mais le tunnel était sublime. Juste un petit noir au début et ce fût cette sublime lumière. Je ne marchais pas dans le tunnel. Je volais avec une si agréable et indescriptible légèreté. Une insoutenable légèreté dont je ne me croyais pas capable. Une légèreté insoupçonnable qui n’existe que dans les rêves. L’immaculé couloir m’empêchait de voir les visages qui me regardaient ou me parlaient, je ne sais plus…
Quand j’ai pu entrevoir quelque chose ton visage s’est profilé comme unique …indescriptible sa beauté…je le garde en moi…
Ta douceur et ta tendresse étranglent et éteignent ma voix.
Comment pourrais-je taire cette douleur qui m’emboite le pas ?
J’ai pourtant délaissé l’écran noir et la page blanche.
Mon silence était plus éloquent et plus bavard…
Béni Mellal, les 25 et 29 octobre 2009
12:13 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (40) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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25.10.2009
Fragment XXXXXXXXXI
Lettre XX
La Main de Fatma
Mes pupilles scrutent le noir pour entrevoir un soupçon de ta lumière. Ma vacuité matérielle aux millions de trous causés par les cieux écroulés sur ma tête ne cesse de réclamer la douceur de ta voix. Ta voix qui m’a confirmé que je ne suis pas de ceux qui se résignent à leur triste sort. Oui. Grâce à toi Muse des muses je vivrai. Que dis-je ? Je ne cesserais pas de vivre. Je ne cesserais pas de vivre. Cette voix venue d’un ailleurs lointain et pourtant si proche résonne encore et toujours dans mes veines noircies par cette écho pestilentielle qui ne cesse de narguer tout mon être et mes sens…
Quand tu m’as parlé j’ai imaginé ta main. La main de Fatma. On dirait que tu voulais me protéger contre un mauvais sort. Celui qui projette son ombre sur moi. Tu parlais. Je t’écoutais. Je t’entendais. Et je t’imaginais. Tu es là. Devant moi. Oui ! En chair et en os. Je perdais mes mots. Je perdais toute mon aura devant ta superbe. J’avais peur de rompre le charme. J’avais peur de dissiper cette image de toi en proférant la moindre parole. Cette image que j’avais toujours ,et depuis que je t’ai connue, esquissée de toi…
Ta voix est la clé de cette énigme qui m’a envouté depuis le premier jour où on s’est croisé sur nos chemins de croix. Malgré toutes les apparences et les faux fuyants que j’ai pu inventer pour ne rien laisser transparaitre, j’ai été subjugué par tes mots, dits ou chuchotés. Je te dis que je suis submergé par ta présence qui vaut les milles remèdes prescrits à mon mal.
Aujourd’hui j’ai entendu ta voix.
Ce soir j’ai vu. De mes yeux vu ta superbe.
Cette nuit sera blanche de ta splendeur.
Cette nuit je ne veux pas fermer mes paupières pour garder à jamais toute ta lumière.
Demain je rêverai de toi.
Toujours tu seras en moi.
Eternellement tu es ma plénitude.
Ma douleur se dissipe peu à peu. Un bien être m’envahit. Je marche sur la côte atlantique. Je marche. Je souris. Je commence à être. Je commence à re-devenir. Je marche. Je suis à venir. J’ai eu subitement envie de fêter cet événement. J’ai bu. Je suis. J’ai bu. Je te revois. Je t’entends. Les vagues de l’Atlantique. Le Val d’Anfa. Je Bois. Je souris bercé par le blanc des lames, le bruit de la brise, de l’arôme du verre. Je vis. Je suis. A toi je me rends Muses des muses. Ta main. Celle de Fatma m’effleure. Je me rends à sa douceur. Tout s’évapore hormis tes yeux et ta voix. Je suis. Je te le dis. Je te l’écris même si ma voix est éteinte. Je suis. Je ne cesserais pas d’être…
Rachid Daouani , Casablanca le 23/ 24 Octobre 2009
00:44 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (31) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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07.10.2009
Fragment XXXXXXXXX
Lettre XIX
Pour toi
J'écris
Je ne cesserais d'écrire
Cette comme toutes les précédentes je me retrouve encore dans ma solitude. Je me retrouve en face de cette vacuité lourde d'interrogations dont le désarroi et l'angoisse sont le dénominateur commun. Les séquelles de la blessure originelle émergent avec leur cortège de douleurs et de doute.
La gangrène a vite fait tâche d'huile à partir de mon cœur et de ma tête. En sortant de mes yeux le sang noir, avec une fulgurante ironie, a assombri mon corps. La fine pluie et l'âcre de la cigarette n'ont pas pu apaiser ma douleur. J'écris. Voilà ce qui me reste comme seule et unique issue.
Je ne cesserais pas d'écrire pour crier ma faillite. Exorciser le mal qui me ravage de nouveau.
J'écris.
Quelle est cette malédiction qui m'envahit de nouveau? Quelle est cette malédiction qui me colle comme mon ombre. Ce double qui me piétine à tout bout de champ comme pour me rappeler à ma triste réalité.
J’écris.
Je ne cesserais d'écrire pour que l'amnésie salvatrice ne se faufile dans mon sommeil précaire et change l'aspect du démon qui m'a exproprié de mon ombre vraie.
J’écris.
Je ne cesserais d'écrire.
Pour toi. Tu es la seule à avoir compris ce que je suis. Ce que j'étais. Celui que j'aurais pu être.
Ta venue, tant souhaitée, coïncide avec l'anniversaire de ma mise à mort; tu m'as ouvertement parlé ce jour de Septembre. Le dialogue s'est engagé avec beaucoup de sincérité et de spontanéité.
J’écris.
J’essaie de garder les pieds sur terre pour ne pas sortir les pieds devant. J’essaie. J'écris.
Ne pas trop m'engager vainement dans de faux espoirs. L'inéluctable est pourtant là. Je ne veux ni ne peux m'y échapper. Je laisse venir. Je le vis et advienne que pourra. J’écris. Je ne cesserais d'écrire.
J'écris.
J’ai l'intime conviction que, malgré les apparentes contradictions, une nouvelle vie se dessine devant mes yeux....
J’écris.
Je l'écrirais. Tu es devant mes yeux...
Ton image ne me quitte pas. Je te parle. Je t'écris. Tu m'entends.
J'écris. Je ne cesserais d'écrire
20:16 Ecrit par danyrachid dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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