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  • Catégories : Prose et Poésie

    Fragment XXXXXXXII

    Faut-il en guérir ?

     

     

    Une blessure

    Mal suturée

    Vient d'être

    Rouverte

    Le mal gicle

    Inonde l'être

    Transperce la page

    L’encre coagule

    S’infecte à force

    Passoire la tête

    Va et vient

    Les idées

    Circulent

    Le courant d’air

    Les ballotent

    Le corps gangrène

    L’amour

    Maladie

    Fatalité

    Faut-il en guérir ?

    Rachid Daouani

    Casablanca, le 19 Juin 2009

     

     

    هل من دواء؟

    لم

    يندمل 

    الجرح

    طعنة أخرى

    كسابقتها

    تفتق

    العضال

    تسرب

    للكائن

    تجاسر

    ليدمي الصفحة

    تخثر المداد

    تعفن من

    كثرة

    اندحاره

    انسحبت السماء

    عن عرشها

    سقطت

    الرأس

     

    أصبحت غربالا

    سعيا

    تعبرها الأفكار

    مكر مفر

    العشق

    ينخر الذات

    قدر أحمق

    الخطى

    علة

    هل من

     دواء؟

     

     

    رشيد دواني
    البيضاء 19يونيو 2009

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  • Catégories : Prose et Poésie

    Fragment XXXXXXXI

    L'exclu

    Tu parlais de la mort
    Tu vivais notre mort
    Je te parle de la vie
    Je t’écris la vie
    Je m’en imprègne
    Je la veux en moi
    Couler dans mes veines
    Traverser mes côtes
    L’avoir au bout des doigts
    Pour brosser une autre
    esquisse sur ton cœur

    Et pour un amour à venir
    Je renaîtrai de mes cendres
    Je renierai ma foi
    Mon passé et mon futur
    Tel un phœnix
    Je redéployerai mes ailes
    Redresserai ma tête
    Fixerai mon regard à l’horizon
    Je te l’avais dit
    Je ne capitule jamais
    J’irai jusqu’au bout

    J’aime la vie
    Je suis la vie
    J’écris la vie

    Vendeur de rêves
    et de rires !
    Dis-tu
    Admettons ! 

    J’aime la vie
    Je suis la vie
    J’écris la vie
    La vie qui
    attend au seuil
    de la porte
    de mon cœur
    Elle s’incruste en moi
    Moi l’époux
    qui suis l’effacement
    de ses traces

    Je suis la vie sur le sable
    de son écriture
    Dans ses nuits torrides
    Je suis à l’écoute de sa voix
    Je me fais écho de sa voix
    Je suis sa voix
    La voix de sa voix

    En moi, à moi, de moi
    Je suis elle, elle est moi
    Je fonds en elle, elle fond en moi

    Nous nous divisons
    Nous nous multiplions
    Nous nous additionnons
    L’un et l’autre
    en et par un
    pour n’être qu’un
    L’un est l’autre
    Nous parlons une langue
    que je n’ai jamais apprise
    Elle me fait danser sur une musique
    d’un pays lointain
    que je n’ai Jamais visité

    « Mais, tu es la vie ! »
    M’a-t-on dit le jour de la création

    « Tu es l´origine »
    Le Cri d’avant la naissance
    Le cri de la Fin
    La Fin de toutes les fins
    L’ineffable cri
    De la re-naissance
    Je dirai
    Et ne
    Cesserai de dire ... !
    Rachid Daouani

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  • Catégories : Prose et Poésie

    fragment XXXXXXX

    Le ravissement

     

    De ton jardin

    tu m’as exclu

     

    Calciné

    J’étais l’arbre

    qui se consumait

    à  petit feu

     

    Il était l’arbre

    qui me remplaçait

     

    Tu le regardais

    Je me consumais

     

    De tes larmes

    de ravissement

    tu l’arrosais

     

    Je brûlais

    Il grandissait

    Je m’effondrais

    Il grandissait

    Je m’effritais

    Il grandissait

     

    Je te voyais

    le regarder

     Le cercle se fermait

    Je n’étais qu’une particule

    au pied du haut mur

    de mon achèvement

     

    Toujours dehors

    je devenais minuscule

    devant l’immensité du mur

    qui grandissait

    entre moi et le jardin

     

    Je m’éclipsais

    Devant ton ravissement

    je n’étais qu’absence

     

    J’espérais

    malgré ma petitesse

    grandissante

    un regard

    le soupçon d’un regard

     

     

    Je n’étais qu’ombre

    L’ombre

    de mon ombre

    L’ombre

    d’une idée

    L’ombre

    d’un fil de fumée

    qui s’évaporait

    à force de regards

     

    Regards

    je n’étais

    ni sujet

    ni objet

    où j’étais

    Rien

    Rien de rien

    Je n’étais plus

    Rien

    Je ne suis plus

    que la dernière particule

    d’une cendre

    de l’arbre consumé

    La particule

    qui a collé à tes souliers

    à ton passage

    sur moi

    dans les bras de

    l’autre arbre qui

    pourtant rentrait

    au loin

    rejoindre son jardin

     

    Que te reste t-il des deux arbres ?

    Une particule collée à ton soulier

    Et le mirage d’un arbre substitut

    Qui ne sera jamais le tien

     

    Crée en partie à Casablanca,  le 6 décembre 2008

    Repris le 19 juin 2009 entre 4h et 6h30 du matin

     

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